" /> José Bové - Bernard Njonga, le José Bové Camerounais : « Tuez-moi, mais sauvez l’agriculture ! »

Bernard Njonga, le José Bové Camerounais : « Tuez-moi, mais sauvez l’agriculture ! »

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27 janvier 2010

En mai dernier, la justice l’a condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis. L’épilogue d’un procès engendré par une manifestation de protestation contre les détournements des subventions accordées à l’Agriculture. Cet acteur de la société civile peut se féliciter d’avoir mobilisé la Commission national anti corruption (Conac) qui lui a donné raison.



Le procès et la décision de justice ne semblent visiblement pas l’avoir intimidé. Il semble désormais prêt à tout pour continuer à défendre ceux qu’il considère comme les véritables acteurs de l’agriculture camerounaise : les paysans. Il est d’autant plus à l’aise à en parler qu’il connaît le secteur comme sa poche. En effet, il a passé 26 années de sa vie à ne travailler que dans ce milieu qui concentre plus de 60% de la population active au Cameroun. Notamment comme secrétaire général de l’Ong Saild (Service d’appui aux initiatives locales de développement) qu’il a créée vers la fin des années 80. Mais aussi et surtout comme directeur de publication du journal La Voix du Paysan et du magazine people Eclat d’Afrique. Bernard Njonga est toujours près à porter une pancarte pour marcher… En signe de dénonciation de ces dérapages et erreurs de gestion qui minent la société. Au point où certains n’hésitent plus à l’assimiler au “José Bové camerounais”. En fait l’homme ne cacherait pas son admiration pour le célèbre alter mondialiste qui le lui rend bien. Pour le procès qui a été lancé le 23 janvier 2009, José Bové, même sans garantie d’obtenir un visa ou une autorisation de séjourner au Cameroun, a fait le déplacement du pays de Paul Biya. Avant d’être, comme on pouvait le prévoir, refoulé par les autorités camerounaises à l’aéroport. L’Affaire… Au total, ils étaient quatre (4), aux côtés du président de l’Acdic, à comparaître libre devant la barre du tribunal de première instance du Mfoundi. Outre Bernard Njonga, il y avait Jean Georges Etélé, François Awomo, Joseph Donfack et Yannick Soh. Ils ont été interpellés le 10 décembre 2008 alors qu’ils manifestaient, avec des paysans, contre la mauvaise gouvernance qui a conduit à un certain nombre de dérapages dans la gestion des subventions gouvernementales en faveur des agriculteurs. Avec pour principal accusé, le ministère de l’Agriculture et du développement rural à travers le Programme national d’appui à la filière mais. La manifestation avait alors été violemment réprimée et a débouché, entre autres, sur l’ouverture d’une enquête de la Commission nationale anti corruption (Conac), une enquête qui, à maints niveaux, a confirmé les dénonciations de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic). Le principal chef d’accusation était l’« organisation de manifestation interdite sur la voie publique ». L’affaire liquidée en mai dernier, Bernard Njonga et Cie sont passés à d’autres chantiers. Depuis quelques mois ils travaillent sur la question de cession-vente des terres cultivables d’Afrique et du Cameroun aux étrangers et notamment aux Chinois. Pour tirer la sonnette d’alarme par rapport à ces pratiques qui risquent d’affaiblir une économie qui a déjà du mal à lever la tête. Du haut de ses 55 ans, M. Njonga, pour les causes qu’il défend, a une détermination qui n’a d’égale que sa passion pour le monde rural. Iconoclaste dans nombre de ses prises de positions, il a une présence médiatique qui a fait dire au périodique Situations qu’il est l’un de « hauts parleurs » d’une République qui, plus globalement considérée, a mal à sa gouvernance.

Écrit par David Atemkeng Jeudi, 31 Décembre 2009 13:36