" /> José Bové - Gaz de Schiste : La Pologne ne sera pas le Qatar de l’Europe. Mais où sont passés les centaines de millions d’euro ?

Gaz de Schiste : La Pologne ne sera pas le Qatar de l’Europe. Mais où sont passés les centaines de millions d’euro ?

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8 juin 2015

Après Chevron, Exxon, Total c’est maintenant au tour de la société américaine ConocoPhillips, de jeter le gant et d’annoncer qu’elle stoppe définitivement ses explorations de gaz de schistes dans ce pays du centre de l’Europe. La voie semble libre pour que les entreprises 100 % polonaises puissent investir massivement dans ce nouvel El Dorado, il n’y a plus de concurrent en lice.

Selon, la dépêche Reuters publiée vendredi 5 juin 2015, ConocoPhillips, a investi à travers sa filiale Lane Energy Poland, la bagatelle de 220 millions de dollars, soit près de 196 millions d’euros pour obtenir trois concessions vers la mer Baltique. Les sept puits qu’elles a réussi a creuser, grâce à la protection des forces de l’ordre locales, ont fait psiiiicht. Time Wallace, le responsable en Pologne de cette entreprise déclare que : « Nous comprenons la déception qui va accompagner cette difficile décision. »

De mon côté, je le rassure, j’ai plutôt tendance à trouver que cette annonce est une excellente nouvelle pour les citoyens polonais en particulier et pour le climat en général.

Il est nécessaire de se rappeler que la ruée vers le gaz de schiste en Pologne puis dans le reste de l’Europe a été attisée par les données de l’Administration américaine qui annonçait en 2008 que le sous-sol de la Pologne recelait suffisamment de gaz de schiste pour pouvoir exporter dans le reste de l’Union européenne pendant deux siècles. La France était, toujours selon les mêmes experts américains, la deuxième future (ex) puissance gazière du vieux continent.

Sept ans plus tard, force est de constater que les paysans polonais ont eu raison de s’arc-bouter et d’empêcher les forages sur leurs terres. Leur détermination a payé et les société étrangères ce sont dit que le jeu n’en valait pas la chandelle.
Une question importante vaut cependant la peine être élucidée. La vente de ces concessions de gaz de schiste par l’état polonais a donné lieu à des transferts monétaires représentants des centaines de millions d’euros, voire des milliards. Qui s’est emparé de la cagnotte ? Le gouvernement américain s’avait-il qu’il vendait du vent ? Les bilans des sociétés énergétiques vont-elles inscrire ces pertes dans leur bilan ? Vont-elles plutôt demander aux contribuables de les dédommager ?

Le Premier ministre polonais de l’époque, Donald Tusk, dont le gouvernement a vendu les permis d’exploitations doit certainement avoir une petite idée. Aujourd’hui, Président du Conseil européen, il serait de bon goût qu’il prévienne David Cameron et Mariano Rajoy de ne pas croire au mirage des gaz de schiste. Lorsque le message sera passé, ce qui de toute façon, ne devrait pas trop tarder, l’Union européenne pourra se déclarer Zone libre de gaz de schiste. Je regrette néanmoins que ces sommes colossales n’aient pas été investies dans le développement des énergies renouvelables.

Enfin, et si ce n’est pas trop lui demander, Donal Tusk pourrait également s’entretenir avec les autorités algériennes pour leur demander d’arrêter les forages dans l’oasis d’In Salah. L’eau pure ne reste-t-elle pas le bien plus précieux sous le soleil aride du Sahara, non ?