" /> José Bové - Hommage à Nicolas Duntze

Hommage à Nicolas Duntze

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4 août 2016

Nicolas Duntze est mort et l’une des figures de la Confédération paysanne s’est éteinte.

Tout au long de sa vie, il s’est engagé pour défendre les droits des paysannes et des paysans, des sans terre et des sans voix. Dans le sud de France, dans le Gard, inlassablement, il s’est battu pour améliorer les conditions de travail de ceux que notre époque se plait à appeler les migrants. Ces travailleurs qui dans les serres d’horticulture industrielle, dans les plantations de pêche ou dans les vignes sont bien souvent exploités et ignorent leurs droits.

Venus d’Afrique, d’Europe de l’Est ou d’ailleurs, échoués dans une plantation française, espagnole, marocaine, ils avaient trouvé en Nicolas un avocat déterminé pour leur cause. Il refusait la distinction entre migrants et réfugiés. Pour lui, avec raison, c’était la misère qui chassait ces gens de leur terre, où qu’elle se trouve sur la planète. Et cette misère avait été amplifiée par les conséquences désastreuses des politiques agricoles imposées par le libéralisme économique de l’OMC. Lucide et pragmatique, il s’est toujours efforcé de dénoncer les causes de cet exode global, tout en travaillant sans relâche à trouver des solutions pragmatiques pour améliorer la réalité quotidienne des laissés-pour-compte de la société.

Nicolas Duntze avait la parole réfléchie mais son ironie savait se faire acide sans devenir jamais méchante. Lucide devant les difficultés du monde, il n’a jamais cédé aux sirènes du cynisme ou au découragement. Nous avons perdu un compagnon de lutte. Nous avons perdu aussi un ami.