" /> José Bové - Les accords bilatéraux comme le CETA renforcent les nationalismes de tout poil

Les accords bilatéraux comme le CETA renforcent les nationalismes de tout poil

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15 février 2017

Le Parlement européen vient de ratifier l’Accord de Libre Echange entre l’Union Européenne et le Canada.

Cet accord est un désastre en perspective pour notre démocratie, pour nos productions. Négocié dans l’opacité, il profite à une minorité. Au niveau agricole c’est la porte ouverte aux multinationales de l’agro-alimentaire. Les zones d’élevage de montagne seront les plus durement touchées. Il prévoit la mise en place des tribunaux arbitraux qui permettront aux entreprises d’attaquer des décisions politiques allant à l’encontre de leurs intérêts financiers et leurs profits. Cette privatisation de la justice revient à donner les clés des assemblées élues aux PDG du CAC 40 et des multinationales nord-américaines.

La droite et une partie de socialistes a utilisé Trump comme un épouvantail pour légitimer la signature du CETA. Le nouveau président américain et les milliardaires qu’Il a choisis pour l’entourer sont pour la diplomatie du rapport de force, du coup de menton et du bluff. Il est partisan d’une dérégulation des échanges, des normes environnementales et sanitaires, de l’accord de Paris sur le changement climatique. Approuver cet accord fait justement le jeu de son nationalisme nauséabond.

Je suis opposé au CETA, comme je suis également contre les autres Accords de Libre Echange qui sont dans les tuyaux, que ce soit avec le Japon, le Mercosur ou l’Inde. La multiplication de ces accords bilatéraux est dangereuse.

Par contre je suis convaincu que nous devons renforcer la coopération internationale. Il est en effet urgent d’imposer une fiscalité à ses entreprises voyous qui détruisent les emplois des deux côtés de l’atlantique et qui pratiquent la fraude fiscale à une échelle massive. Nous devons revoir complètement la régulation du Commerce au niveau mondial et faire passer le climat et les droits de l’Homme avant ceux des entreprises, afin de construire ensemble des standards qui respectent les hommes et la nature.

L’Accord sur le CETA doit être maintenant ratifié par le Parlement français ainsi que par ceux de 28 autres pays. La campagne pour les élections présidentielles nous offre la possibilité de clarifier les positions des uns et des autres sur cette question capitale : « Etes-vous pour une régulation mondiale qui permettent de lutter contre la précarité et le réchauffement climatique ou souhaitez-vous renforcer les nationalismes et le repli sur soi en continuant à soutenir le libre échange ? »