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Notre-Dame-des-Landes : renoncer au projet initial, pour repenser le transport à Nantes

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13 janvier 2016

VINCI et sa filiale AGO (Aéroport du Grand Ouest) s’attaquent aujourd’hui au lieu de vie, au travail et au portefeuille d’opposants historiques au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont assigné devant le juge d’expropriation de Nantes, 11 familles et 4 paysans pour demander leur expulsion immédiate. Les terres menacées représentent un tiers du projet, 500 hectares sur les 1.650 concernés par le projet. Et le géant du BTP ne s’arrête pas là, puisqu’il demande des astreintes journalières de 200 à 1.000 euros et une confiscation des biens et des cheptels.

Face à ces intimidations, la mobilisation et le soutien ont répondu en masse. Samedi 9 janvier, 20 000 personnes, 1000 vélos et 500 tracteurs s’étaient donné rendez-vous sur le périphérique nantais. Depuis le début de la semaine, des actions se sont multipliées, des rassemblements de soutien sont organisés dans de nombreuses villes du pays. Des milliers de personnes se sont rassemblés aujourd’hui devant le Tribunal de Nantes en soutien aux familles menacées.

Le juge de l’expropriation a renvoyé sa décision au 25 janvier, mais a déjà annoncé les possibilités qui s’offrent à lui : « Soit j’ordonne l’expulsion immédiate, soit je transmets à la cour de cassation et la procédure est suspendue plusieurs mois, soit j’accorde un délai ou suspension d’exécution » (source : 20 Minutes). En s’attaquant à ces habitants, en cherchant à accélérer le démarrage du projet, VINCI franchit une limite. C’est désormais une prise de position politique qu’attendent opposants comme partisans. Le Chef de l’Etat doit réaffirmer les engagements pris en 2012, à l’issue d’une grève de la faim de plusieurs semaines, de ne pas commencer les travaux tant que les recours juridiques ne seront pas épuisés. Saisie par les députés européens, la Commission Européenne a mis en demeure la France de revoir ce projet qui ne respecte pas le droit communautaire. Le Gouvernement doit rouvrir le dossier dans son ensemble.

L’aéroport de Nantes est-il saturé ? Évidemment non : de nombreux aéroports internationaux, dont celui de Londres, accueillent bien plus de passagers avec, eux aussi, une seule piste et de la même longueur, tandis que Bordeaux et Marseille ont réussi à rénover leur aéroport régional.
Y-a-t-il des solutions pour la sécurité du survol de Nantes ? Évidemment oui : les pilotes ont déjà fait des propositions. L’accès à l’aéroport de Nantes-Atlantique, la liaison ferroviaire avec les aéroports de Paris ainsi que l’aérogare peuvent aussi largement être améliorés, tout en économisant l’argent public.

Le bocage de Notre-Dame-des-Landes est riche d’une biodiversité sensible, ses paysans ont su préserver cet environnement, notre patrimoine commun. Face à l’enjeu du réchauffement climatique, des projets productivistes inutiles et dépassés, des modes de transport gourmands en énergie fossile et émetteurs de gaz-à-effet-de-serre devront être abandonnés. Le combat contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est devenue une lutte emblématique pour la préservation de l’environnement, pour la démocratie. Il est urgent de renoncer à sa construction.