" /> José Bové - Du Larzac à Bruxelles

Du Larzac à Bruxelles

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14 avril 2014

Les combats de José Bové contre les OGM et la malbouffe, son engagement en faveur de l’altermondialisme l’ont fait connaître dans le monde entier. Mais qui y a-t-il derrière l’image d’Épinal qui lui colle à la peau, celle d’un Astérix, moustache comprise, résistant encore et toujours face à la « marchandisation du monde » ? L’homme ne se réduit évidemment pas à cela.



Comment a-t-il pu devenir député européen en 2009 sur la liste Europe Écologie, conduite avec succès et conjointement avec Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, un mouvement pro-européen, lui qui a milité pour le « non » au traité constitutionnel européen lors du référendum de 2005 ? Comment concilie-t-il son « non » de 2005 avec le « oui » de Cohn-Bendit ? Comment a-t-il pu devenir un rouage important d’une Union dont il a combattu les politiques agricoles pendant trente ans, lui qui est désormais vice-président de la commission agriculture du Parlement européen ? De quelle Europe rêve celui qui continue à cultiver son lopin de terre sur le Larzac ?
C’est tout l’objet de ce livre d’entretiens avec Jean Quatremer, correspondant de Libération auprès de l’Union européenne depuis 1992, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Europe, réalisateur de reportages télévisés et auteur du blog « Les coulisses de Bruxelles ». Un intervieweur sans concession, ce journaliste ne cachant pas son engagement en faveur d’une Europe fédérale et son soutien au « oui » en 2005. Cet ouvrage est donc davantage un dialogue qu’une interview panégyrique.

Article de Libération du 17 février 2011

L’Europe selon José Bové

C’est à partir d’aujourd’hui que vous trouverez dans toutes les bonnes librairies le livre d’entretiens intitulé « Du Larzac à Bruxelles » (Le cherche midi éditions, 13,50 euros) que j’ai réalisé avec José Bové, altermondialiste que l’on ne présente plus, mais aussi vice-président de la commission agriculture du Parlement européen depuis 2009.
Pourquoi avoir écrit un livre avec l’un des ténors du « non » au projet de constitution européenne, un homme que je tiens pour l’un des principaux responsables du refus des Français de ratifier ce texte lors du référendum de 2005 ? À la différence de Laurent Fabius dont le « non » n’était que de circonstance et destiné à prendre le contrôle du PS par sa gauche (une manœuvre qui a lamentablement échoué), le « non » de Bové m’a toujours paru sincère même si je considère qu’il s’agit d’une erreur historique.

Surtout, l’homme ne s’est pas figé dans son combat de 2005, comme un certain nombre de nonistes, mais a su évoluer : après avoir constaté l’impossibilité de bâtir un projet européen alternatif de gauche (échec des « comités anticapitalistes » puis du NPA), il a rejoint Europe Écologie et s’est présenté aux élections européennes de juin 2009 avec Daniel Cohn-Bendit, avec le succès que l’on a vu. Depuis, l’homme est devenu l’un des députés qui comptent au Parlement européen pratiquant à merveille l’art du compromis et parvenant à réunir des majorités afin de faire bouger les lignes. Un anti-Mélenchon par excellence, le député du Parti de gauche campant sur son Aventin depuis 2005, d’où il lance des fatwas contre ceux qui ne partagent pas ses vues.

C’est donc à la découverte de cet homme que j’ai été et je ne regrette pas le voyage que nous avons fait du Larzac à Bruxelles. Et j’avoue que José et moi-même sommes ravis d’avoir fait exploser les lignes : comment un « eurobéat ultralibéral » a-t-il pu travailler avec un « altermondialiste noniste arracheur d’OGM et démonteur de McDo », entendons-nous régulièrement ? Réponse dans ce livre qui montre que l’Europe peut réunir.