" /> José Bové - Affaire Dalli : l’enquête des services anti-fraude européens reste une arnaque, malgré la décision de la CEJ

Affaire Dalli : l’enquête des services anti-fraude européens reste une arnaque, malgré la décision de la CEJ

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12 mai 2015

La Cour Européenne de Justice vient de rejeter le recours de John Dalli, l’ancien commissaire Santé-Consommation qui accusait José Manuel Barrosso, le président de la Commission Européenne de l’avoir poussé à la démission en 2012.

John Dalli était à l’époque sous le coup d’une enquête de l’OLAF, l’organisme de lutte anti-fraude européen, pour présomption de corruption par l’industrie du tabac.

Je ne suis pas surpris par la décision de la Cour européenne de Justice qui ne porte que sur le fait de savoir si l’ancien Commissaire John Dalli a démissionné ou a été limogé par José Manuel Barroso le 16 octobre 2012. Il s’agissait d’une conversation entre deux hommes face à face puis en présence d’une poignée de haut-fonctionnaires de la Commission européenne. Lors de l’audience à Luxembourg, l’ensemble des témoins a corroboré les déclarations de Barroso.

Pour autant, la décision de la Cour ne met pas un terme à ce scandale. Rien n’a pas été jugé sur le fond. La question est de savoir si John Dalli est coupable de tentative de corruption ou s’il a été victime des manigances des industriels du tabac, en particulier de Philip Morris et de son partenaire suédois Swedish Match.

John Dalli a déposé fin 2012 une plainte en diffamation contre Swedish Match auprès de la Justice Belge. Cette plainte est basée en particulier sur la déclaration faite dans mon bureau par deux employés de Swedish Match (et enregistrée avec leur accord), au cours de laquelle ils m’ont assuré que l’OLAF leur avait demandé de maintenir une accusation qu’ils s’avaient fausse, pour ne pas perturber le bon déroulement de l’enquête.

Le juge belge Van Aspen a demandé au Président du Parlement européen, Martin Schulz, s’il était possible de m’interroger sur ce point. Il souhaite également entendre mes collègues M. Staes et Mme Grassle. Depuis plus de deux ans, j’attends une convocation de la Justice belge et je suis surpris par la lenteur de la procédure.

Les nombreuses zones d’ombre de ce dossier doivent être éclaircies. A maintes reprises avec Bart Staes nous avons accusé publiquement Giovanni Kessler, Directeur Général de l’OLAF, d’avoir manipulé cette enquête. Ces accusations particulièrement graves n’ont jamais donné lieu à aucune réaction publique de la part de l’OLAF ou de la Commission européenne. Monsieur Barroso, Madame Day, l’ancienne secrétaire générale de la Commission , et Monsieur Kessler restent tapis dans l’ombre et préfèrent faire le gros dos.

A l’heure ou la Commission européenne s’apprête à renégocier des accords illégaux et scandaleux avec les industriels du tabac pour, soit disant, lutter contre la contrebande, il devient urgent de faire la lumière sur cette affaire pour virer ces criminels des couloirs de Bruxelles et des 28 capitales des Etats membres.