" /> José Bové - Climat : l’accord de Paris nous place face à nos responsabilités

Climat : l’accord de Paris nous place face à nos responsabilités

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15 décembre 2015

L’Accord de Paris sur le réchauffement climatique se classe d’emblée, comme la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948, parmi ces avancées diplomatiques universelles qui permettent d’infléchir le cours de nos vies. Le travail réalisé par la diplomatie française est salué d’un bout à l’autre de la planète par des gouvernements qui souvent s’opposent. Les efforts de François Hollande, de Laurent Fabius et de Ségolène Royal, appuyés par l’expertise de Laurence Tubiana et l’énergie de Nicolas Hulot, ont été couronnés de succès. Je les félicite et je m’en réjouis.

Pour la première fois, l’ensemble des gouvernements de notre planète ont reconnu que le réchauffement climatique doit être pris au sérieux et combattu par tous. Mettre en commun nos efforts pour que la température de la planète ne dépasse pas de plus de 1,5 °C celles observées avant le début de la révolution industrielle, voilà une obligation qui nous engage tous.

L’Accord de Paris offre un cadre que nous devons utiliser collectivement et individuellement. De nombreux points essentiels doivent être précisés dans les années à venir. Les engagements annoncés par les Etats ne sont en effet pas suffisants ; ils provoqueront une hausse de 3°C de températures. Ils devront donc être revus à la hausse dés que possible. L’Union européenne doit poursuivre sans attendre et de manière cohérente et concertée ses efforts pour parvenir à une économie décarbonée. Sans l’imagination d’associations, qui comme Negawatt en France, explorent et proposent de nouvelles possibilités[1], et la mobilisation des citoyens, l’Accord de Paris risque de n’être qu’un texte d’une trentaine de pages sans véritable portée.

L’engagement de créer un fonds d’au moins 100 milliards de dollars par an dés 2020 pour aider les pays les plus pauvres à résister au réchauffement climatique et s’y adapter tout en permettant à leurs habitants d’améliorer leur quotidien, ne sera tenu que si les organisations et les citoyens poursuivent leur mobilisation. Sans cette pression constante, les banques et les fonds de pensions continueront à investir dans la simplicité qu’offrent les énergies fossiles comme le pétrole ou du le gaz. Et de nombreux gouvernements risquent d’être attirés par les dangereuses sirènes du nucléaire dont les chants se font entendre de plus en plus fort.

L’Accord de Paris offre un cadre. Il nous appartient de nous mobiliser pour que nous soyons les actrices et les acteurs des esquisses de futur qu’il contient. Ce n’est qu’en nous impliquant pleinement dans cette mutation que nous parviendrons à relever le défi du réchauffement climatique sans tomber dans le piège des fausses solutions. Si nous sommes convaincus de l’importance de relocaliser la création de l’énergie dont nous avons besoin, je suis persuadé que nous pouvons créer les conditions d’un monde plus stable et plus juste. Nous devons le faire par le choix politique, en votant, mais également en agissant localement.


[1] Négawatt propose un scénario de transition énergétique autour du triptyque du développement des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la diminution de notre consommation