" /> José Bové - Ferme des 1000 vaches : je demande la relaxe pour les syndicalistes de la Confédération paysanne

Ferme des 1000 vaches : je demande la relaxe pour les syndicalistes de la Confédération paysanne

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28 octobre 2014

En septembre 2013, des militants de la Confédération Paysanne ont mené une action de protestation contre la ferme-usine des 1000 vaches à Drucat dans la Somme. Ils ont partiellement démonté les installations de la salle de traite pour les remettre au gouvernement. Leur but : dénoncer l’industrialisation de l’agriculture. Neuf de ces militants sont poursuivis aujourd’hui et risquent des peines de prison avec sursis.

Aujourd’hui, nous étions plusieurs milliers rassemblés à Amiens pour soutenir les militants de la Confédération paysanne et dénoncer ce projet. La ferme-usine des 1000 vaches symbolise les dérives du modèle industriel en agriculture. La vocation de ce site n’est pas de produire de la nourriture mais de l’énergie. Il n’est rentable que grâce à des subventions des collectivités locales.

Le lait ou la viande issus de la ferme des 1000 vaches ne sont plus que des sous produits de la merde. Ce type d’usine casse le prix du lait. Nécessitant trois fois moins de main d’œuvre que l’agriculture classique, il détruit l’emploi agricole. Autoriser la ferme des 1000 vaches s’est pervertir le métier de paysan et c’est accélérer la disparition des éleveurs programmée par la suppression des quotas laitiers en 2015. Une situation irresponsable alors que notre pays est confronté à un taux de chômage record

Depuis des décennies, les alternances politiques de droite comme de gauche ne cherchent pas à ébranler le dogme du productivisme et de la conquête des marchés mondiaux.

Ce gouvernement a deux visages bien différents lorsqu’il est confronté à des contestataires. Les agriculteurs de la FDSEA qui ont fait bruler en septembre dernier à Morlaix les bâtiments de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) et des impôts n’ont toujours pas retrouvés. Le Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a reçu leurs représentants quelques jours plus tard et a ouvert le robinet des subventions pour calmer leur colère.

Dans le contexte très particulier que nous connaissons aujourd’hui, une condamnation des militants de la Confédération paysanne serait incompréhensible. Elle serait un signe des plus sombres adressé à ceux qui se mobilisent encore pour une alimentation saine et pour des territoires ruraux dynamiques.