" /> José Bové - DOUX : Chronique d’une mort annoncée

DOUX : Chronique d’une mort annoncée

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1er juin 2012

Le dépôt de bilan du groupe DOUX est une catastrophe sociale de premier plan. La fermeture de cette entreprise va entrainer la suppression de plus 3400 emplois salariés et sonne le glas de 700 éleveurs. Elle est la démonstration évidente de l’absurdité du modèle agro-industriel soutenu à bout de bras par des subventions publiques. Depuis 15 ans, le groupe DOUX a fonctionné sous perfusion d’aides publiques en engrangeant plus d’un milliard d’euros d’aides européennes, ce qui représente l’équivalent du budget annuel d’une région comme la Bretagne. Rien que l’année dernière, le groupe DOUX a reçu 54,9 millions d’euros de subventions.



Pour José Bové – Député européen – Vice Président de la Commission de l’Agriculture et du Développement : C’est la chronique d’une mort annoncée. Depuis quinze ans, nous n’avons pas arrêté de dénoncer la fuite en avant du libéralisme et du productivisme en agriculture. Les dégâts sont considérables en France. Ils le sont tout autant au Brésil où l’échec de DOUX se solde par la ruine de dizaines de milliers de familles paysannes. Le « modèle » breton est dans l’impasse.
La réforme de la PAC qui est discutée au Parlement européen doit mettre un terme à cette logique de conquêtes des marchés mondiaux. Plus un centimes de fonds publics ne doit être accaparés par des groupes de l’agro-alimentaires. S’ils veulent jouer dans la cour des grands et se battre sur le marché mondial qu’ils le fassent avec leurs fonds propres et pas avec l’argent des contribuables. J’ai trois questions pour Charles Doux : comment avez-vous pu gaspiller plus d’un milliard d’euros ? Quelle part de cet argent avez-vous investi en Bretagne pour améliorer les conditions de travail des salariés et des éleveurs ? Et enfin, quels sont vos revenus et à combien s’élève votre patrimoine Monsieur Doux ? Je n’attends pas de réponse spontanée mais je suis persuadé que face à l’insistance des citoyens, des pouvoirs publics et des médias vous finirez par donner des réponses à ces interrogations.

Pour René Louail – Conseiller régional EELV – Région Bretagne-Le cynisme des dirigeants politiques et économiques est total. Apôtres du libéralisme lorsqu’il s’agit de réduire les salaires ou augmenter l’âge de la retraite, ils ne sont même pas capables de survivre avec les centaines de millions de fonds publics qu’ils reçoivent. Le gouvernement Fillon a laissé pourrir la situation pendant 5 ans, jusqu’à ce que la pomme pourrie tombe de l’arbre. Les conséquences sont dramatiques pour l’économie de notre région.
Pour moi, il y a trois urgences absolues. Une expertise financière du Groupe DOUX est indispensable. Elle doit être étendue au patrimoine du fondateur de cette entreprise qui devra être utilisé pour payer les pots cassés. Il est impensable que la personne qui s’est enrichi sur le dos des salariés et des éleveurs puisse continuer à mener un train de vie de roitelet.
Les éleveurs doivent être considérés comme des créanciers privilégiés et passer en priorité. Enfin, il a urgence a reconstruire une filière avicole qui répondent aux attentes de nos territoires en développant des produits de qualité à haute valeur ajoutée et les circuits courts.
Stephan Le Foll et Arnaud Montebourg doivent se saisir d’urgence de ce dossier, et bâtir sur ce champ de ruines, avec tous les acteurs intéressés, une agriculture qui répond aux attentes de nos concitoyens. Je suis à leur entière disposition pour les aider à créer une agriculture locale et familiale créatrice d’emploi et de dynamisme rural et respectueuse des ressources naturelles.