" /> José Bové - Résolution du Parlement européen sur le Sommet de la sécurité Alimentaire de la FAO

Résolution du Parlement européen sur le Sommet de la sécurité Alimentaire de la FAO

Intervention de José Bové en session plénière le 25 novembre 2009
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29 novembre 2009

Monsieur le Président, Mes chers Collègues, La lutte contre la faim nécessite un investissement politique et financier important que la FAO n’a pas été en mesure de générer à Rome la semaine dernière. Je le déplore.



Plus d’un milliard de personnes souffrent de malnutrition et 40 millions d’enfants, de femmes et d’hommes meurent de faim chaque année. Ces chiffres dramatiques ont augmenté depuis 1996, année du premier Sommet Mondial de l’Alimentation. La crise financière et économique globale a aggravé la situation. Les populations des pays du sud sont les premières victimes. La crise alimentaire est une des principales menaces qui pèsent sur la paix et la stabilité du monde. En 2050, les paysans devront nourrir plus de 9 milliards de personnes. La dégradation des sols, les atteintes à la biodiversité, la dépendance par rapport au pétrole, les émissions de gaz à effet de serre, l’épuisement des nappes phréatiques et l’évolution des modes de consommation nous placent dans une situation plus fragile qu’il y a quarante ans. La pauvreté et la dépendance vis-à-vis des importations sont les causes essentielles de l’insécurité alimentaire. La nécessité de soutenir les productions locales s’impose. Dés la fin des années 1950, l’Europe a mis en place sa politique agricole commune pour produire l’alimentation dont elle avait besoin. Pour y parvenir, elle a protégé son marché intérieur. Cette autonomie de choix, ce droit à la souveraineté alimentaire, doit être accessible maintenant à l’ensemble des pays qui souhaitent aller dans cette voie. A l’abri des secousses des marchés mondiaux, assurés d’un prix rémunérateurs, les paysans seront enfin en mesure d’investir et d’augmenter leur production. Ils doivent être accompagnés dans cette entreprise, comme le préconise la FAO, par une recherche agronomique qui prenne en compte les besoins des paysans et s’appuie également sur leurs connaissances.