" /> José Bové - Quand la FAO et la Banque Mondiale demandent la reconnaissance des paysans

Quand la FAO et la Banque Mondiale demandent la reconnaissance des paysans

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26 octobre 2009

Le rapport final a été rédigé par plus de 400 scientifiques des 5 continents croisant les divers approches des connaissances (sociales, environnementales, économiques et agronomiques).



Cette entreprise, dans son ambition est équivalente à ce qui a été produit par l’IPCC sur la question du réchauffement climatique, globale, elle se veut également non partisane. Il appelle à une reconnaissance de l’importance de l’agriculture familiale et locale, à un accès équitable à la terre et à l’eau, à reconsidérer le commerce comme facteur de développement. Il remet en question les agrocarburants soulignant la concurrence entre alimentation et énergie destinées aux véhicules.

Sur la question des plantes transgéniques, les auteurs soulignent : « …. sur des sujets controversés tels que les conséquences écologiques de l’augmentation de la productivité, l’impact des cultures transgéniques sur l’environnement et la santé humaine, les conséquences du développement de la bioénergie sur l’environnement et la durabilité des écosystèmes et les prix des aliments, ainsi que les conséquences des changements climatiques sur la production agricole. Le Bureau a convenu que l’évaluation devait aller au-delà des limites étroites de la science et la technologie pour prendre en compte d’autres types de connaissances pertinentes (par exemple les connaissances des producteurs, des consommateurs et des utilisateurs finaux de produits agricoles), ainsi que le rôle des institutions, des organisations, de la gouvernance, des marchés et du commerce. »

Évaluation Internationale des Connaissances, des Sciences et des Technologies Agricoles pour le Développement – EICSTAD

En 2002, la FAO et la Banque Mondiale lancent une évaluation commune sur les besoins nécessaires en ce qui concerne les sciences les connaissances et les technologies agricoles pour relever le défi de la faim dans le monde. En 2050, dans une quarantaine d’années, la population mondiale dépassera les 9 milliards d’habitants (6,6 milliards en 2009). La production globale d’alimentation devra augmenter en un laps de temps très court de 70 % tout en permettant la préservation de l’environnement et la lutte contre le réchauffement et les émissions de gaz à effet de serre. La totalité du texte est téléchargeable en pied de page de ce texte. Les quelques extraits suivants donnent une bonne perception de la tonalité de ce rapport international auquel la Banque Mondiale est associée.

L’accent mis sur l’augmentation des rendements et de la productivité a, dans certains cas, eu des conséquences négatives sur la durabilité de l’environnement. Souvent, ces conséquences n’étaient pas anticipées, puisqu’elles s’observaient au fil du temps et, quelques fois, en dehors des frontières traditionnelles des exploitations agricoles. Par exemple, 1,9 milliard d’hectares (et 2,6 milliards de personnes) sont aujourd’hui touchés par des niveaux considérables de dégradation des sols. Cinquante ans plus tôt, le niveau de prélèvement de l’eau des rivières était le tiers de ce qu’il représente aujourd’hui : actuellement, 70% des prélèvements d’eau douce dans le monde entier (2 700 km3 – 2,45% de la pluviométrie) sont attribuables à l’agriculture irriguée qui, dans certains cas, entraine une salinisation des sols. Près de 1,6 milliard de personnes vivent dans des bassins aréiques. L’agriculture est responsable de 60% des émissions anthropiques de CH4 et d’environ 50% des émissions de N2O. Une fertilisation inappropriée a donné lieu à l’eutrophisation et de vastes zones mortes dans un certain nombre de régions côtières, à l’instar du Golfe du Mexique et de certains lacs, et une utilisation inappropriée des pesticides a entrainé la pollution des eaux souterraines, ainsi que d’autres conséquences, dont la perte de biodiversité par exemple.

Une augmentation et un renforcement des CSTA [Connaissances Scientifiques et Technologies Agricoles] allant dans le sens des sciences agroécologiques contribuera à résoudre les questions écologiques tout en stabilisant et relevant la productivité. Les CSTA formelles, traditionnelles et à base communautaire doivent répondre aux pressions croissantes sur les ressources naturelles, telles que la diminution de la quantité d’eau disponible et la détérioration de la qualité de l’eau, la dégradation des sols et des paysages, la perte de la biodiversité et des fonctions de l’agroécosystème, la dégradation et la perte du couvert forestier et la détérioration des zones de pêche maritimes et côtières. Les stratégies agricoles devront aussi inclure la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation à l’évolution et à la variabilité accrue du climat de source anthropique.