" /> José Bové - Spéculation sur les matières premières

Spéculation sur les matières premières

Thématiques > Agriculture > Spéculation sur les matières premières
22 février 2011

José Bové intervenait en plenière au Parlement Européen le 17 février dernier pour dénoncer les spéculations sur les matières premières qui étouffent aussi bien les paysans et les consommateurs.



« Monsieur le Président ; Mes chers collègues Comme en 2008 les prix des matières premières agricoles s’envolent sur les marchés mondiaux. Nous sommes seulement 3 % au dessous des niveaux de 2008. Cette hausse vertigineuse s’explique par trois facteurs principaux. La baisse de production dans certaines zones traditionnellement exportatrices, dû au dérèglement climatique. Le détournement des céréales, pour la production d’agro carburants. La spéculation financière qui accentue les effets de hausse comme l’ont montré des rapports récents du FMI, et des autorités françaises et comme le laisse entendre la Commission européenne. Les conséquences de cette nouvelle crise alimentaire frappent durement les 1,2 milliards de personnes dans le monde qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Depuis octobre 2010, 44 millions de personnes supplémentaires les ont rejointes. Pour y remédier, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne de favoriser rapidement la création outils internationaux de régulation. A deux jours de la réunion du G20, qu’attend l’Europe pour prendre des mesures similaires à celles votées aux Etats-Unis ? Depuis le 13 janvier 2011 l’Administration américaine exige la limitation et la transparence des positions prises par les fonds financiers sur les marchés des matières agricoles. Cette avancée est un premier pas pour contrer les appétits des spéculateurs. Nous devons agir dans le même sens. L’impact est dramatique et immédiat pour les éleveurs européens. Ils ne sont plus en mesure d’alimenter leurs animaux. Des centaines d’exploitations sont en faillite. Il y a cinq ans le blé valait 100 € la tonne. Aujourd’hui, il se négocie à près de 300 €. La donne a donc complètement changé. La Commission exige des paysans qu’ils s’adaptent aux signaux des marchés. Elle serait bien inspirée aujourd’hui de suivre ses propres conseils. Confrontée à cette crise, l’Union européenne ne peut pas attendre 2014 pour trouver des solutions. Face à cette situation, je propose à la Commission trois mesures concrètes. • La création de stocks locaux de céréales, mis à disposition des éleveurs à des prix subventionnés. • L’indexation des prix de la viande payés aux éleveurs sur l’évolution des cours des aliments pour le bétail • Et pour 2011 un mécanisme transfert d’une part des aides destinées au soutien des céréales vers les productions animales. »