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PAC Le PE adopte une réforme injuste et inefficace de la politique agricole commune

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20 novembre 2013

Ce mercredi 20 novembre, le Parlement européen a approuvé un accord conclu avec le Conseil sur une révision cruciale de la PAC. Le résultat du vote d’aujourd’hui marque la fin de toute possibilité de réforme en profondeur de la PAC. Le problématique plafonnement des aides directes aux agriculteurs et les avancées sur les questions environnementales ont été balayées du revers de la main.



Je dénonce le manque de respect des pratiques démocratiques qui caractérisent ce vote final sur la PAC. La décision du Président du PE, M. Schultz, de faire voter directement en bloc les textes consolidés pour que les derniers amendements déposés ne soient pas discutés et mis au vote a empêché le débat politique et va à l’encontre de l’esprit du Parlement européen.

J’ai refusé de voter les Règlements de la PAC car le compte n’y est pas. L’absence de plafonnement des aides est insupportable. Les grandes exploitations céréalières vont continuer à toucher des centaines de milliers d’euros chaque année alors que d’autres secteurs comme l’élevage dans les zones de montagne ne reçoivent que des miettes. Au moment où l’UE traverse une crise économique et sociale sans précédent, le versement de subventions illimitées est amoral.

Aujourd’hui, le Parlement européen a suivi la volonté du Conseil européen de renationaliser la PAC. L’Europe a sabordé la seule politique commune que nous avions réussi à mettre en place en permettant aux Etats membres d’imposer les mesures les moins contraignantes pour l’agro-industrie. La concurrence entre les différentes régions de l’Union s’en trouve exacerbée. C’est la porte ouverte au dumping social et au renforcement d’un modèle productiviste qui va droit dans le mur comme le montre l’effondrement de l’économie agricole de la Bretagne en France.

La main tendue par le Commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos, pour trouver des solutions aux difficultés que nous traversons, comme la perte d’emploi dans les campagnes et surtout le réchauffement climatique, a été ignorée par une large majorité au Parlement européen et au Conseil et je le déplore.

Les égoïsmes nationaux et les intérêts des lobbys ont primé sur l’intérêt général et la mise en place de la souveraineté alimentaire en Europe. Une fois encore ce sont les petits paysans, l’agriculture familiale, les consommateurs et l’environnement qui vont payer les pots cassés. La logique de la concurrence l’a emporté sur l’esprit de solidarité.