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La Commission européenne dévoile ses priorités : soutenir l’agro-industrie

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14 octobre 2009

Dans un document de travail de 204 pages publié le 30 juillet 2009, quinze jours la manifestation des éleveurs laitiers devant le Parlement européen à Bruxelles, la Commission ne prend pas de gants. Page 71, elle annonce clairement la couleur : « l’agro-industrie européenne est confrontée à une difficulté supplémentaire du au fait que les prix des matières agricoles brutes sont plus élevées que ceux payés par ces compétiteurs globaux » . Les grands groupes comme Danone, Nestlé, Unilever, Lactalis sont passés par là et ont été entendu.



Pour renforcer les exportations et les profits des multinationales, les prix aux producteurs doivent encore baisser pour s’aligner sur un prix mondial qui n’a aucune réalité économique. __Le Conseil et la Commission européenne jouent la carte de l’industrie contre celles des paysans.__ Le prix du litre de lait payé aux producteurs en France est encore trop élevé. En Belgique, certains industriels achètent la tonne aux alentours de 180 €. En déclarant que rien ne la fera changer de direction et que les quotas laitiers doivent disparaitre, la Commissaire à l’agriculture exprime haut et fort ce que réclame les lobbies industriels européens. Des millions d’emplois seront détruits dans les campagnes, les services publics fermeront, le tourisme rural sera frappé de plein fouet par cette désertisation des campagnes, mais les poches des dirigeants des multinationales continueront à se remplir. Cette volonté de restructuration ne s’arrête pas au seul secteur de la production agricole. Le document (page 70) dénonce également le fait que le secteur agro-alimentaire « souffre de fragmentation ». Il semble regretter la présence de 99 % de petites et moyennes entreprises de transformation. Il enfonce le clou en indiquant « malgré le nombre important de PME, le secteur agro-industriel en Europe et dans le monde est perçu comme étant dominé par quelques grands acteurs. » Tout semble indiquer dans ce papier que nos commissaires à l’agriculture, au commerce et à l’industrie sont prêts, une fois qu’ils auront tordu le cou aux paysans, à rompre les os des artisans de la transformation.