" /> José Bové - La grève des dockers bretons démontre l’urgence de la reconquête de l’autonomie européenne en protéines végétales

La grève des dockers bretons démontre l’urgence de la reconquête de l’autonomie européenne en protéines végétales

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8 février 2011

Je soutiens les dockers français en grève afin que le gouvernement respecte l’accord trouvé entre syndicats et patronat en octobre 2010 prenant en compte la pénibilité des métiers des travailleurs des ports.



Mais ce conflit, évitable sans la tentative de reniement des pouvoirs publics, pointe particulièrement en Bretagne la fragilité des systèmes intégrés dans la mondialisation libérale du commerce : les élevages industriels bretons manquent de soja et les fabricants d’aliments pour élevage crient à la réquisition et à la mise au pas des dockers grévistes. Cette situation est pourtant là-aussi évitable. Plus de 4 millions de tonnes de matières premières sont importées chaque année dans les ports bretons à destination des élevages de la région. Avec seulement 3% de la surface agricole consacrée à la culture des protéagineux, la France est contrainte d’importer près de 4,7 millions de tonnes de soja par an. En Europe, ce sont cinquante millions de tonnes d’équivalent soja qui sont acheminées chaque année, essentiellement du Brésil et d’Argentine, et en partie sous forme d’OGM. La grève des ports français démontre la fragilité, et même l’absurdité d’un tel système par la dépendance qu’il provoque dans les bassins d’élevage intensif. La reconquête de l’autonomie européenne en protéines végétales doit être un objectif fort de la nouvelle politique agricole de l’Union en cours de définition pour la période 2013-2020. Le projet présenté le 18 novembre dernier par Dacian Ciolos, le Commissaire européen à l’Agriculture, va dans le bon sens quand il intègre cet objectif dans la future Pac. Mais la reconquête de l’autonomie européenne en protéines végétale ne suffira pas si nous ne la recombinons pas à une désintensification de certains élevages et à une meilleure répartition des productions agricoles sur les territoires. La concentration d’élevages industriels en Bretagne est ainsi une double faiblesse de l’agriculture de cette région. On voit à nouveau aujourd’hui ces faiblesses au grand jour. Je serai à Rennes vendredi prochain, le 11 février, pour participer à une formation d’élus régionaux d’Europe écologie – Les Verts de la France entière sur, notamment, la mise en œuvre d’un plan de reconquête de l’autonomie européenne en protéines végétales. La grève dans les ports n’a pas été la motivation de cette session, prévue depuis plusieurs mois : cette question est depuis longtemps dans les préoccupations des élus et militants écologistes.