" /> José Bové - Ouverture des négociations EU-Mercosur : Le parlement montre les dents

Ouverture des négociations EU-Mercosur : Le parlement montre les dents

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2 juin 2010

Le moins que l’on puisse dire c’est que les membres de la Commission agricole et du développement rural ont réagi vivement à l’annonce de la réouverture des négociations entre l’Union européenne et les pays du Mercosur faite à Madrid le mois dernier. La Commission européenne a essuyé un feu nourri de critiques des parlementaires tant sur l’absence de transparence dans les négociations que sur le fond du dossier.



La Commission Barosso se réfugie derrière le mandat qui lui a été accordé en 1999 pour relancer un processus de libéralisation qui avait été bloqué en 2004. Les Députés ont exigé d’obtenir toute l’information nécessaire à l’exercice de leur fonction. Le déséquilibre des échanges agricoles entre l’UE et le Mercosur est devenu abyssal. Ces dernières années il s’est creusé au point d’atteindre 19 milliards d’euros. L’Europe, exporte 1 milliards de produits agricoles et alimentaires alors qu’elle en achète pour un de 20 milliards, essentiellement du soja pour l’alimentation animale hors-sol européenne, du sucre, du café et de la viande bovine. Comme l’on souligné les députés, l’agriculture industrielle des pays du Mercosur se développe grâce à un dumping social et environnemental préjudiciable pour les citoyens des ces régions et pour l’ensemble des habitants de la planète. Les faibles couts de production sont obtenus grâce à la destruction massive des forêts équatoriales et tropicales et à l’exploitation d’une main d’œuvre sous payée. Les normes sanitaires, sociales et de protection de l’environnement imposées à juste titre dans les pays de l’Union ne sont absolument pas respectées de l’autre côté de l’Atlantique. Les producteurs européens, et en particuliers les éleveurs bovins sont confrontés à une concurrence déloyale et insoutenable. Les négociations sont menées par la DG Commerce et la Commission Barosso une nouvelle fois semble prêt à sacrifier la production agricole européenne afin d’obtenir l’ouverture et le contrôle pour les grandes multinationales des services (assurances, banques, transport, santé, éducation, tourisme) ainsi qu’un renforcement des droits de propriétés intellectuelle. Il devient de plus en plus clair pour l’ensemble des députés, quelque soit leur appartenance politique, que la Commission utilise l’agriculture comme une simple monnaie d’échange. José Bové considère que cette situation est particulièrement regrettable alors que l’Union européenne est devenue le premier importateur de produits agricole et alimentaire devant la Chine. La facture alimentaire nette de l’Europe atteint en 2009 45 milliards d’Euros, les ¾ étant composé de denrées qui devraient être produites dans les états membres. La nourriture des citoyens européens dépend un peu plus chaque jour de sources extérieures et des variations de cours sur les marchés mondiaux. Par ailleurs, José Bové a souligné que le développement de l’agriculture industrielle au Brésil, et Argentine et au Paraguay étaient réalisée aux dépends des petits paysans et de la population locale. Les exportations argentines représentent 45 du total des exportations du pays alors que plus de 30 % de la population locale souffre à des degrés divers de malnutrition Ce ne sont pas les états qui font du commerce mais des multinationales (Cargill, ADM, Louis Dreyfus) qui cherchent et obtiennent un profit à court terme. Outre le fond du dossier, c’est également la stratégie de la Commission européenne qui a été vertement critiquée. La mise en place d’accord de libre échange, plus contraignant encore que les accords multilatéraux de l’OMC, tombe au plus mauvais moment. Alors que la réflexion est lancée sur la réforme de la PAC en 2013, comment faire croire aux agriculteurs européens qui passent de crise en crise, que la défense de leurs intérêts est réellement défendue par la Commission européenne. La réouverture des négociations avec le Mercosur jette décidément une ombre bien noire sur l’avenir d’une PAC plus juste pour les paysans et garantissant la souveraineté alimentaire de l’Europe.