" /> José Bové - Pour l’interdiction totale du clonage dans l’alimentation

Pour l’interdiction totale du clonage dans l’alimentation

Thématiques > Agriculture > Pour l’interdiction totale du clonage dans l’alimentation
18 juin 2015

En 1996, l’Université d’Edimbourg annonçait la naissance du premier mammifère cloné : une brebis du nom de Dolly. En l’espace de 20 ans, la liste des animaux clonés s’est allongée. Cela va de la carpe au lapin en passant par le porc, le rat et le loup, sans oublier les animaux de compagnie que sont les chats et les chiens. Sortis des laboratoires, les animaux clonés risquent de se retrouver dans nos assiettes.

Aux Etats-Unis le clonage des animaux a été accepté par l’administration sans trop se poser de questions. La procédure a été aussi simpliste que pour les OGM : équivalence en substance. Un pied de maïs transgénique ressemble à un pied de maïs classique. Une vache clonée ressemble comme deux gouttes d’eau à une vache classique. Et l’autorisation de commercialisation était donnée.

Depuis des années, la Commission européenne tente de convaincre faire accepter le clonage dans l’alimentation au prétexte fallacieux qu’« on n’arrête pas le progrès ». Les américains, qui ne sont pas plus bêtes que nous, ont accepté le clonage, et ne s’en trouvent pas plus mal pour autant.

Déjà, en 2012, le Parlement européen avait rejeté la Directive « Novel Food » (nouveaux aliments). Les députés des 27 états membres considéraient que le clonage n’était pas une technologie nécessaire pour le développement de l’élevage en Europe.

Les Commissaires européens en charge de ce dossier changent tous les 5 ans, mais l’administration européenne reste et s’obstine. En décembre 2014, les fonctionnaires ont ressorti de leurs armoires une nouvelle proposition dépoussiérée et toilettée visant à encadrer la mise sur le marché d’animaux clonés. Cependant, personne ne mange d’animaux clonés. Ces bêtes de laboratoires sont bien entendu hors de prix, puisqu’il faut compter au bas mot 100 000 dollars pour une vache clonée. À ce prix là personne n’aura l’idée de manger la vache en or ! Les marchands de viande ne sont donc pas intéressés en premier lieu par la commercialisation d’animaux clonés mais bien par la vente de leur descendance, les animaux issus d’animaux clonés et surtout de ce que l’on produit avec (viande, lait, fromage….).

Je suis fondamentalement avec le clonage entre autre à cause de sa dérive technicienne, du mépris du bien-être animal, du brevet sur le vivant et la biodiversité, l’emprise des multinationales sur la filière alimentaire. Le clonage des animaux n’est pas seulement inutile, il est dangereux et doit par conséquent être interdit. La Commission Européenne sur ce dossier comme sur tant d’autres, souhaite adopter le laxisme américain sur l’alimentation, pour faciliter la conclusion d’un accord de libre échange avec les USA. Hier, les députés européens des Commissions de l’Agriculture et de l’Environnement, ont rejeté, une nouvelle fois le clonage, ce dont je me félicite. Reste maintenant à confirmer ce vote en séance plénière pour renvoyer les fonctionnaires européens une nouvelle fois dans leurs cordes.