" /> José Bové - Glyphosate : NON à sa réautorisation pour 15 ans !

Glyphosate : NON à sa réautorisation pour 15 ans !

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3 mars 2016

Il y a des pratiques industrielles qui ont la dent dure ! Alors que la consommation de produits bio explose en Europe et que l’émission Cash Investigation réveille les consciences contre le danger des pesticides, l’Union européenne s’apprête à ré-autoriser le glyphosate pour 15 ans. Cette substance est présente dans l’un des pesticides les plus produits au monde : le RoundUp de Monsanto, symbole de l’agriculture industrielle, de contaminations répétées de l’environnement et de drames sanitaires chez les agriculteurs. Quand on parle de glyphosate c’est donc en fait de RoundUp, de Monsanto et de ses enjeux financiers dont on parle.

Le glyphosate est dangereux partout. On en trouve des résidus dans 65 % des cours d’eau français en 2011. C’est le premier herbicide vendu en France. Le RoundUp représente 40% du chiffre d’affaires de Monsanto et on estime que plus de 90% des OGM développés dans le monde le sont précisément pour être résistants à cet herbicide. L’Organisation mondiale de la santé, composée des scientifiques et experts les plus indépendants qui soient, a classé le glyphosate comme « cancérigène probable » en mai 2015.

Mais force est de constater que ce classement cancérogène n’a pas modifié les législations des États. Et pour cause ! À chaque pays son agence sanitaire, à chaque pays son avis, à chaque pays sa décision souveraine. Les agences sanitaires de la France et du Danemark ont ainsi pu conclure que la substance était sûrement cancérogène, tandis que l’Allemagne et l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) déclaraient le contraire. Au final, seuls les Pays-Bas et la France ont pris une interdiction de distribution du Roundup en libre-service, mais seulement aux particuliers, jardiniers amateurs. Concrètement, les agriculteurs continuent de l’utiliser.

Il faut conclure de cette omniprésence du glyphosate dans l’environnement et des incohérences scientifiques sur sa toxicité qu’il y a urgence d’attendre. On a besoin d’une application saine du principe de précaution : en l’absence de certitude scientifique, il vaut mieux adopter une posture de protection de la santé publique et éviter d’exposer la population. C’est une question de cohérence ! Comment ré-autoriser un produit dont on interdit déjà l’utilisation aux jardiniers ? D’autant plus que les alternatives existent, le RoundUp n’étant pas autorisé dans l’agriculture biologique.

Les 7 et 8 mars prochains, la Commission européenne va proposer aux États européens, dont la France, de réautoriser le glyphosate pour 15 ans. Si le gouvernement venait à se prononcer pour, il déciderait sans l’aval de sa propre agence sanitaire, l’ANSES, qui a mis en garde contre certains adjuvants utilisés dans le RoundUp et qui procède actuellement à la révision de l’autorisation de ce produit en France.

Réautoriser le glyphosate serait un signal très négatif envoyé aux riverains des champs traités aux pesticides, qui commencent partout en France à se mobiliser. Ce serait également donner un coup de couteau dans les engagements européens de la France à faire baisser l’usage des pesticides en agriculture, à travers son plan Ecophyto. Sortons Monsanto de nos champs et de nos assiettes !