" /> José Bové - Seul un débat ouvert à tous les acteurs concernés permettra de dessiner une nouvelle PAC

Seul un débat ouvert à tous les acteurs concernés permettra de dessiner une nouvelle PAC

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23 novembre 2012

Ce mercredi 23 novembre, une conférence sur la réforme de la PAC se tiendra au Parlement européen. Elle est organisée par la Présidence polonaise en coopération avec la commission de l’agriculture, et avec la participation du commissaire Dacian Cioloş, ainsi que d’organisations et d’acteurs du secteur.



A la veille de cette conférence, José Bové – Vice Président de la Commission de l’agriculture et du développement, pointe un sérieux problème de représentativité car ce débat ne garantira pas une expression plurielle sur l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation en Europe.

Au cours du printemps et de l’été 2010, la Commission européenne avait pourtant mis en place une consultation publique transparente et ouverte. Forte de plus de 7000 contributions d’organisations intéressées par les questions agricoles et alimentaires, et de citoyens, cette consultation avait permis de définir les grandes lignes des aspirations de nos concitoyens qui demandent une réforme de la PAC qui permette d’assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe, tout en maintenant son potentiel agronomique pour les générations à venir. Les participants à ces rencontres remettaient en cause la dynamique des politiques agricoles précédentes qui avaient favorisées les intérêts des grands groupes de l’agro-alimentaire.

En offrant une plate-forme au COPA-COGECA et à ses organisations membres, et en ne laissant que quelques minutes aux autres organisations paysannes et aux associations de protection de l’environnement, la Commission et le Parlement se privent d’une expertise et d’une analyse contradictoire précieuse et légitime.

Les temps ont pourtant changé. L’Union européenne doit évoluer rapidement dans sa manière de procéder. On ne peut pas d’une part consulter largement les citoyens et d’autre part, lorsque leurs souhaits ne convient pas à l’industrie, leur fermer la porte au nez et poursuivre comme de si de rien n’était. Nous assistons aujourd’hui, non pas à une consultation de la société civile mais à une audition de l’agro-industrie. La réforme de la PAC est un des sujets importants que nous avons à traiter au cours de cette mandature. C’est une erreur regrettable de la Présidence polonaise.

Le Danemark doit corriger le tir dés le mois de janvier 2012 en invitant des syndicats agricoles qui ont une vision différente de l’avenir de leur profession et des associations qui en ont assez d’être systématiquement écartées. N’en déplaise aux industriels, l’emploi, l’environnement, les échanges équitables et le bien être animal comptent parmi les préoccupations des européens et pèseront dans le vote final des députés en plénière. Seul un débat ouvert nous permettra de dessiner une nouvelle PAC qui ne soit pas déconnectée des attentes de nos concitoyens. Ne ratons pas cette opportunité.