" /> José Bové - Justice pour les salariés de Nutréa-Triskalia, victimes des pesticides

Justice pour les salariés de Nutréa-Triskalia, victimes des pesticides

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11 novembre 2015

Depuis 2009, des salariés de la coopérative Nutréa-Triskalia ont été intoxiqués sur leur lieu de travail et sont victimes d’un syndrome d’hypersensibilité aux produits chimiques (MCS).

L’entreprise nie les faits qui lui sont reprochés, alors qu’ils sont accablants : stockage et utilisation de produits interdits (Nuvan Total), dépassement des seuils autorisés (Nuvagrain et K-biol), absence d’équipements de protection pour les salariés, contamination de la chaine alimentaire et humaine. Le plus important groupe agroalimentaire breton a ainsi choisi de réduire ses coûts pour maximiser ses profits en spéculant sur le cours des céréales.

La Mutualité Sociale Agricole (MSA) a reconnu le caractère professionnel de leur accident mais minimise leur maladie et minore le taux d’IPP (Incapacité Permanente Partielle). En incapacité de travailler, certains d’entre eux ne perçoivent qu’une indemnité de 16 euros par jour.

Les ex-salariés ont obtenu des victoires devant les tribunaux : reconnaissance de la « faute inexcusable » de l’entreprise dans 2 cas, reconnaissance du suicide de Gwenaël Le Goffic, survenu en 2014, comme accident du travail. Mais pour dénoncer ce scandale sanitaire, ces drames humains et pour obtenir réparation, le combat est long.

Le groupe Nutréa-Trikalia annonce un chiffre d’affaire de 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2014. Un résultat d’exploitation de 23,9 millions euros en 2014, en hausse de 27%. Comment une entreprise de cette taille peut-elle se débarrasser de gens qui ont travaillé pour elle parfois depuis près de 30 ans ? Depuis, elle n’a rien changé à ses méthodes de travail et continue de manière scandaleuse à faire des bénéfices sur le dos de la santé de ses salariés.

Yannick Jadot et moi-même avons reçu aujourd’hui au Parlement Européen de Bruxelles une délégation des victimes et de leurs soutiens. Il est temps d’interroger l’Union européenne sur la responsabilité de l’Etat français, tant sur la reconnaissance de ces maladies professionnelles que sur l’encadrement des produits pesticides et médicamenteux utilisés dans les stockages de grains. Nous mettrons tout en œuvre pour qu’ils obtiennent justice.