" /> José Bové - Lactalis dévalise les paysans grecs

Lactalis dévalise les paysans grecs

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19 septembre 2016

La Feta est un fromage grec protégé par une Appellation d’Origine Protégée européenne. Elle doit être faite avec du lait de brebis et vient agrémenter certaines salades estivales en Europe, en Amérique du Nord ou ailleurs.

Emmanuel Besnier, Patron de Lactalis, fait dans la discrétion mais pas forcément dans la dentelle. Son groupe Lactalis, qui a défrayé la chronique cet été pour le peu de cas qu’il fait des producteurs de lait de vache français, a déposé en 2013 aux Etats-Unis la marque « Président FETA crumbeld all natural always fresh & delicious »

Fait à partir de lait (garanti sans hormone), de vaches américaines, sa Président FETA, ersatz de fromage, à toutes les qualités pour conquérir les réfrigérateurs américains sans titiller les papilles des consommateurs.
Il n’est pas cher. Il est joliment emballé. Il est présent dans pas mal de rayons de grandes surfaces.

Un malheur n’arrivant jamais seul, les gouvernements des 28 Etats Membres, qui se battent disent-ils comme des diables pour protéger les fermiers, ont réussi à faire reconnaitre par le Canada l’Appellation d’Origine Protégée #FETA. (Page 517 de l’Accord de Libre Echange avec le Canada dit CETA). Le mot FETA est accompagné d’une petite astérisque * qui renvoie à la page numéro 158. Comme dans les contrats d’assurance, il est toujours intéressant d’aller voir de quoi il retourne.

L’article 20.21, paragraphe 1 (page 158) dit que le nom des AOP décorées avec une * pourront être vendues (et produites) légalement au Canada si elles sont accompagnés de « kind », « like » « type » « style » voire même « imitation ». Fromage type FETA, Fromage style FETA, fromage genre FETA, tout cela sera autorisé même s’il n’y a pas une seule goutte de lait de brebis dedans.

Complètement lâchés aux Etats-Unis, faussement défendus par le CETA au Canada, je doute fort que les paysans grecs soient en mesure de faire valoir leurs droits, d’autant plus que Lactalis pourra même attaquer cet accord, à cause de l’* qui nuit à ses intérêts devant un tribunal arbitral grâce à sa filiale PARMALAT qui est installée au Canada.

Les producteurs de FETA comme pas mal d’autres fromages européens n’ont pas à se réjouir de la signature possible du CETA.