" /> José Bové - José Bové au Cameroun

José Bové au Cameroun

Thématiques > Démocratie et solidarité > José Bové au Cameroun
15 décembre 2010

A l’invitation de la coalition souveraineté alimentaire Cameroun, le parlementaire européen est venu prendre part au comice agropastoral d’Ebolowa.



Trois heures, c’est le temps mis par José Bove pour critiquer le comportement des multinationales en Afrique, stigmatiser les accords de partenariats économiques entre l’Union européenne et les Etats africains et souligner l’urgence de la mise sur pieds par les Etats africains, d’une politique agricole. C’était vendredi 10 décembre dernier à l’hôtel Hilton, à l’occasion d’une conférence de presse portant sur la thématique : « l’impact de la politique agricole commune sur les agricultures africaines » avec une emphase sur : « les enjeux de la souveraineté alimentaire pour les pays du Sud ». A l’invitation de Bernard Njonga, président de la coalition souveraineté alimentaire Cameroun. L’altermondialiste français a affirmé que « les accords passés avec les multinationales sont des accords biaisés qui se font au détriment des pays pauvres ». Prenant le cas de la téléphonie mobile, il a déploré le fait qu’elle n’est plus de la souveraineté nationale. José Bove, dans la même lancée, a clairement indiqué que les accords de partenariat économiques (Ape) n’étaient que des arrangements de quelques grands pour une privatisation des secteurs de l’agriculture et du commerce en Afrique. Il a encouragé les africains à résister à ces accords qui sont inopérants dans un « monde paysan complètement déstructuré ». Pour José Bove, l’Afrique a des chances de sortir de l’insécurité alimentaire sous laquelle elle ploie. Après avoir indiqué que 60% des populations sous alimentées dans le monde sont des pauvres, José Bove a fait savoir que « face à l’ensemble des crises, l’agriculture locale est une réponse. Car en alimentant les pauvres, on crée une économie beaucoup plus forte, du fait de l’augmentation de la consommation locale ». D’où l’urgence de l’élaboration d’une politique agricole. Pour cela, l’accès aux terres est quelque chose de fondamental, dans un contexte d’achat massif des terres africaines par des multinationales. A ce sujet, José Bove prévient : « l’occupation des terres pose le problème fondamental de la souveraineté des pays, en matière de production. Ca va être un facteur de guerre important __Bernard Njonga, président de l’Acdic : « Nous attendons le cinquantenaire de la production agricole »__ José Bove a été invité au Cameroun dans le cadre du comice agropastoral d’Ebolowa. Nous avons lancé une campagne pour dire qu’il n’y ait pas de produits alimentaires importés au Comice. C’est un symbole fort, car cela a trait à la nécessité de booster la production locale. Le comice appartient aux paysans. Et nous devons montrer que c’est le lieu où les paysans peuvent faire montre de leur savoir faire. Il faudrait qu’on respecte les paysans. Nous avons fêté le cinquantenaire de l’armée. Nous attendons maintenant le cinquantenaire de la production agricole. Ainsi, nous espérons que le comice sera peut –être le lieu voilé de fêter le cinquantenaire de la production locale.

Propos recueillis par Boris Bertolt pour le quotidien Camerounais, le Jour