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OGM : les études d’impact sanitaire doivent porter sur le long terme !

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26 janvier 2016
Le lien vers l’étude de Séralini

Gilles-Eric Séralini présentait ce mardi 26 janvier 2016 au Parlement européen à Bruxelles sa nouvelle étude montrant l’impact sanitaire du maïs BT 176 de Syngenta. L’étude a été menée sur des vaches du cheptel de l’agriculteur allemand Gottfried Glöckner, qui les a nourries à ce maïs OGM pendant plusieurs années avant de constater des pathologies sur ses bêtes non expliquées.

Comme vous le savez, quasiment toutes les études sur les OGM proviennent de près ou de loin de l’industrie. Elles mettent en jeu des protocoles de très court terme - parfois quelques semaines seulement - qui sont ensuite prises en compte par les agences sanitaires pour les évaluer. Or l’étude de Séralini a le mérite de porter sur 70 vaches pendant 5 ans, ce qui, selon ses dires, nous donne une meilleure vision des risques.

Je ne suis pas un scientifique donc je me garderai bien de commenter plus avant les détails de cette étude. Toutefois, le message essentiel de Séralini est le suivant : pour savoir si un OGM présent dans notre alimentation quotidienne est nocif pour la santé humaine, on ne peut pas se baser sur des protocoles d’études qui ne portent que sur le court-terme et qui sont commanditées par l’industrie.

J’ai déjà discuté de cette question avec l’EFSA, l’agence européenne de sécurité alimentaire, en 2012. À l’époque, des chercheurs indépendants demandaient qu’on évalue les OGM sur des périodes longues. Mais pour cela, il faut une recherche publique efficace, capable de soutenir des équipes dont le financement ne dépend pas de l’industrie. Or rien n’a avancé aujourd’hui sur cette question.

Au niveau européen, on se retrouve aujourd’hui avec une procédure d’autorisation des OGM qui n’a plus aucun sens. Elle a été désavouée par le Parlement européen et très récemment par le Conseil. Elle donne un pouvoir d’autorisation abusif à la Commission européenne. Du coup, je préfère l’avertir : dès qu’elle en fera usage pour passer en force et autoriser un OGM, elle trouvera les eurodéputés sur son chemin ! Nous ferons systématiquement voter des objections par le Parlement européen, comme ce sera encore le cas lors de la prochaine plénière en février.

Pour sortir de cette impasse scientifique et institutionnelle, il faut que l’EFSA mette en œuvre un protocole d’évaluation de long terme pour les OGM avec le concours de scientifiques indépendants. Sans cette approche sur le temps long, on met en péril la santé publique y compris lorsque seuls les animaux de ferme mangent des OGM. Ni les vaches ni nous ne sommes des cobayes !