" /> José Bové - Intervention De José Bové au Parlement européen le 17 septembre 2009 sur la crise laitière

Intervention De José Bové au Parlement européen le 17 septembre 2009 sur la crise laitière

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5 octobre 2009

Merci Monsieur le Président, Mes chers Collègues, Depuis des mois, les éleveurs alertent la Commission et le Conseil sur la gravité de la crise. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui sont détruits dans les zones rurales. Cette politique de restructuration délibérée entraine autant de misère que la fermeture des mines dans les années 1970 et l’abandon de la sidérurgie dans les années 80.



L’Union européenne avait parié sur une croissance de la demande mondiale. Ses experts se sont lourdement trompés. La crise financière et économique que nous connaissons a des répercussions directes sur la consommation européenne et mondiale de lait qui s’effondre. La décision de Mme la Commissaire à l’Agriculture de maintenir les hausses de quotas et la volonté du Conseil de les démanteler en 2015 est une provocation. Les temps ont changé et la politique européenne doit s’adapter au nouveau contexte global. Le prix du lait imposé aux producteurs ne couvre pas les coûts de production. Sur chaque litre certains paysans perdent jusqu’à 25 cents. Bon nombre d’eux à la fin de l’année n’auront pas gagné un seul euro, ils en auront même perdu. Des milliers d’éleveurs font la grève du lait dans de nombreux pays. Ce n’est la mort dans l’âme qu’ils vident leur lait dans les fossés et certains vont même jusqu’au suicide. Face à cette crise sans précédent, l’Union européenne doit prendre des mesures conséquentes et rapides. Nous appelons les chefs d’Etat et de gouvernement qui se réunissent aujourd’hui pour préparer le G20 à prendre des décisions qui répondent aux attentes des éleveurs. L’Union européenne doit renforcer les capacités de négociations des éleveurs laitiers pour qu’ils ne subissent plus le diktat des agro-industriels qui les obligent à vendre à perte. Elle doit également mettre en place un filet de sécurité pour garantir un prix rémunérateur aux paysans en cas de crise. L’Union européenne doit arrêter son programme de restitutions aux exportations. Elle vient d’engager la somme pharaonique de 480 millions d’euros, votée main dans la main par des parlementaires de droite et de gauche, pour brader ses excédents sur les marchés mondiaux. Elle ruine des centaines de milliers de familles paysannes de pays du sud, et les poussent cyniquement sur les routes de l’exode rural et de l’émigration. Surtout L’Union européenne doit baisser de 5 % les quotas laitiers européens et ce, de manière inversement proportionnelle aux volumes livrés par les paysans pour rétablir rapidement un équilibre entre l’offre et la demande. La politique de laisser-faire est insoutenable. Elle a des conséquences terribles en termes d’emplois et d’occupation des territoires. Il n’y aura pas d’Europe sans paysans !