" /> José Bové - Quelle agriculture pour demain ?

Quelle agriculture pour demain ?

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22 février 2011

La Politique agricole commune a besoin de faire sa métamorphose. En 1992, la Commission européenne choisissait de se lancer la tête la première dans la conquête des marchés internationaux.



L’alignement sur les prix mondiaux a été un traumatisme pour les paysans et une escroquerie pour les consommateurs. Qui se rappelle avoir vu les prix de l’alimentation baisser ? Cela n’a été qu’une aubaine pour les entreprises de l’agro-alimentaire dont les bénéfices ont explosé. La réforme de 2003 a été conçue dans la précipitation pour intégrer au plus vite les pays de l’Est qui frappaient à la porte de l’Union européenne, tout en poursuivant la libéralisation des échanges au niveau international. En subventionnant massivement l’agriculture productiviste, la Pac a continué à détruire les emplois agricoles en Europe et dans les autres régions de la planète. Les pollutions des sols, des eaux et la perte de biodiversité se sont accélérés. Et contrairement à l’idée largement répandue, l’Europe est devenue la principale puissance importatrice nette de produits agricoles de la planète. ((/public/.paysan-bartoli_m.jpg|Portrait d’un paysan par Georges Bartoli|R|Portrait d’un paysan par Georges Bartoli, , , fév. 2011)) Pourtant, avec plus de 13 millions de fermes, l’agriculture reste vitale pour les territoires des 27 pays de l’Union. La Pac doit être repensée pour favoriser la production locale et familiale et permettre aux paysans de vivre de leur activité. La prise en compte des « petits fermes » sera une avancée fondamentale. Seule une redistribution effective des aides entre les pays et entre les paysans permettra d’atteindre cet objectif. Les crises alimentaires montrent l’urgence de réguler les marchés agricoles, aussi bien au niveau international en interdisant la spéculation financière, qu’au niveau européen pour stabiliser l’offre. De nouveaux défis, en particulier celui du réchauffement climatique, exigent des modes de production novateurs, tournant le dos aux immenses plaines de monocultures céréalières et aux élevages hors-sols. L’agriculture biologique est une réponse que l’on doit proposer en accompagnant les paysans dans une transition rapide. Une nourriture de qualité et abordable pour tous, le maintien de l’emploi et de la diversité des produits, la préservation des ressources naturelles et la solidarité internationale ont toujours été nos priorités. Nous sommes convaincus qu’elles deviendront celles de l’Europe de demain !

José Bové Député européen