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Viande clonée : l’EFSA sort un lapin de son chapeau !

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27 octobre 2010

Le Parlement européen s’est prononcé début juillet contre l’utilisation et la commercialisation de viande et de produits dérivés d’animaux descendants de clones. Il a également voté pour une interdiction des clones en agriculture. Cette décision a été prise à une très large majorité.



La semaine dernière, le Commissaire John DALLI a annoncé qu’il proposait d’interdire la consommation de viande d’animaux clonés mais pas ceux de leur descendance. Selon ses arguments, aucune base scientifique ne permet à l’heure actuelle de faire la différence entre la viande clonée et la viande traditionnelle et aucun risque n’a été décelé. Le Commissaire Dalli s’appuie sur une déclaration de l’EFSA publiée en septembre 2010 qui conclut à l’absence de risque. Cette certitude est étayée par deux études externes, la première sur les rats, la seconde, sur les lapins a été réalisée en Corée du sud. « Aucune différence significative n’a été observée sur les paramètres de reproduction de lapines en gestation nourries avec de la viande clonée. Cependant, il est nécessaire de noter que les lapins sont des herbivores et ne sont pas appropriés pour évaluer une alimentation carnée » (Lee et al., 2010) ». Aujourd’hui aucune étude fiable n’a été menée pour évaluer les risques liés à la consommation de ce type de viande. L’EFSA, prise en défaut sur le Bisphenol A, fait un nouveau faux pas. L’Europe a pourtant plus que jamais besoin de garantir aux consommateurs une alimentation saine et sûre. L’UE investit 70 millions d’euros chaque année pour bénéficier d’une analyse scientifique indépendante et pertinente. Utiliser de la viande pour nourrir des lapins et arriver à la conclusion qu’il n’y a pas de problème ne relève pas de la science mais de la supercherie. Sans réel contrôle, l’EFSA frôle le ridicule. Derrière cette question c’est la rentabilité des animaux transgéniques qui est en jeu. Sur ce point au moins, l’EFSA est très claire lorsqu’elle déclare que « le clonage représente un outil utile pour reproduire les animaux transgéniques ». Les consommateurs européens ont clairement montrés ces dix dernières années qu’ils ne voulaient pas de plantes transgéniques et je ne les ai pas entendus réclamer de jambon transgénique. John Dalli doit comprendre rapidement qu’il est le Commissaire européen chargé de préserver les intérêts des consommateurs. Sa mission n’est pas de faire la promotion d’entreprises mondiales des biotechnologies animales telles que Grimaud, Tyson, ou Genus Pic. Pour Monsieur Dalli, l’heure des choix est arrivée.