" /> José Bové - La Banque mondiale propose le retour du temps de comptoirs

La Banque mondiale propose le retour du temps de comptoirs

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8 septembre 2010

Le rapport publié le 7 septembre 2010 par la Banque Mondiale sur l’état de l’investissement foncier dresse un constat alarmant. Selon les données rendues publiques, 45 millions d’hectares seraient concernés rien qu’en 2009. C’est deux fois la superficie agricole d’un pays comme la France. Les grandes entreprises de l’agro-alimentaire, les fonds de pensions, les banques d’investissements mais également les fonds souverains de certains Etats se sont lancés dans la course à l’accaparement des terres dés 2007 lorsque les cours des matières premières se sont envolés sur les marchés mondiaux : ceux qui détiendront la terre, contrôleront l’alimentation.



La Banque Mondiale souligne la faible productivité agricole dans certains pays du sud. Le message est le suivant : les familles paysannes ne sont pas capables de nourrir les habitants de la planète, elles le seront encore moins demain. La réponse date des années 1960, voir de l’époque des comptoirs : mono-culture, plantations gigantesques, économies d’échelles, travail bon marché et libéralisation.%%% La Banque Mondiale habille cette proposition dans un voile social et environnemental. Elle propose un code de bonnes pratiques visant à faire respecter les droits de populations locales et l’environnement. Le code de bonnes pratiques, comme il se doit, serait volontaire.

Pour José Bové, Vice-Président de la Commission de l’Agriculture et du Développement Rural au Parlement européen, ce rapport est consternant : « Pendant des années, la Banque Mondiale et le FMI ont imposé des plants d’ajustement structurels. Les pays du sud ont divisé par dix leurs programmes de soutien et de développement à l’agriculture familiale. Un milliard de paysans travaillent la terre avec une houe, ou une binette. La Banque Mondiale vient maintenant leurs dire qu’ils ne sont pas assez productifs ? Pour moi, __il ne s’agit pas d’investissement mais de spoliation__. La terre est, avec les semences et l’eau, une des sources de conflits majeure entre les populations paysannes et les grandes entreprises. Des dizaines de millions de familles se battent chaque année pour survivre sur des lopins minuscules. L’urgence n’est pas de multiplier sur l’ensemble de la planète un modèle unique agro-industriel qui a fait faillite. Il faut au contraire est lancer un programme international, d’une ampleur égal à celui dont ont bénéficié les banques en 2008 de soutien à l’agriculture familiale. Elle est la plus productive à l’hectare, la plus intensive en terme d’emploi, la plus adaptée aux développement des cultures vivrières. »