" /> José Bové - Le RoundUp de Monsanto est reconnu comme potentiellement cancérigène par l’OMS : l’Europe doit l’interdire !

Le RoundUp de Monsanto est reconnu comme potentiellement cancérigène par l’OMS : l’Europe doit l’interdire !

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24 mars 2015

La semaine dernière, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a jeté un pavé dans la mare de Monsanto1 en publiant une étude qui classe le Round-Up, comme étant potentiellement cancérigène. Pendant des années, les publicités de la firme américaine clamaient que la molécule chimique qui le compose, le glyphosate, se dégradait totalement 8 jours après avoir été appliquée sur les plantes. Tout le monde se rappelle de cette publicité qui passait en boucle sur les grandes chaînes de télévision. Elle montrait un chien qui récupérait son os une semaine après que les herbes au-dessus aient été aspergées par le poison. Monsanto et la chimie devenait, d’un coup de baguette magique, les amis des jardiniers et les protecteurs de la nature et de la vie.

En France, l’association Eau et Rivières de Bretagne et UFC-Que choisir ont porté plainte en 2000 pour publicités mensongères. Ce n’est qu’en 2009 que la Justice leur donna raison et obligea Monsanto à arrêter cette campagne mensongère et ce lavage de cerveau.

Le glyphosate est un herbicide systémique total, c’est à dire qu’il tue toutes les plantes qui reçoivent des gouttelettes de ce produits sur leur feuille. Monsanto va se servir de cette puissance destructrice pour développer ses premiers OGM, résistants à ce poison.
Les agriculteurs aspergent l’intégralité de leur champ de maïs avec du Round-Up. Le résultat est imparable. Aucune plante ne survit à part le maïs transgénique qui n’a pas de concurrents.

Dés la fin des années 1990, la Confédération paysanne s’est mobilisée contre les OGMs tolérants au glyphosate, les Round-Up ready, comme le MON810, seule variété autorisée à la culture en Europe. En effet nous n’étions pas dupes ! Comment une entreprise qui fabrique des pesticides pouvait-elle être assez stupide pour proposer des variétés de semences manipulées qui permettraient aux paysans de faire des économies sur les achats d’herbicides vendus par cette même société ? Monsanto avait, au contraire, réussie le coup de maître : vendre ses semences transgéniques ET LE PRODUIT qui allait avec.

Aux Etats-Unis, les surfaces ensemencées avec des OGM résistants ont explosés, passant de 0 hectares en 1997 à 40 millions d’hectares en 2015. Les ventes de Round-up ont suivi le même rythme exponentiel et les profits de Monsanto également. Cerise sur le gâteau, les agriculteurs qui aspergeaient leurs hectares de Round-Up étaient persuadés qu’ils participaient à la défense de l’environnement.

Le Centre International de Recherche contre le Cancer (rattaché à l’ONU et à l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé) ne se basent pas sur du vent mais sur des études toxycologiques indépendantes. Philip Miller, un des Vices Présidents de Monsanto a réagi vivement et immédiatement en se demandant comment l’ONU pouvait arriver à des conclusions opposées à celle de l’Agence Américaine de Protection de l’Environnement (EPA) et à celle de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA). Le problème vient du fait que ces Agences publiques n’ont pas les moyens financiers de mener leurs propres études de toxicité et qu’elles se basent sur des recherches qui, dans de nombreux cas, ont été co-financées par les grandes entreprises de la chimie. Il y a un conflit d’intérêt évident ! Depuis l’étude du Professeur Séralini, qui été violemment critiquée, je remarque que les autorités publiques françaises ou européennes n’ont pas jugé bon de mener des essais indépendants pour invalider les résultats de Séralini ou pour les confirmer. Le Centre International de Recherche sur le Cancer vient de combler partiellement ce manque en référençant d’autres études qui indiquent que le glyphosate est potentiellement dangereux.

Grâce aux actions d’arrachage de maïs transgéniques menées pendant 17 ans en France, avec la Confédération paysanne puis avec les nombreuses personnes qui ont rejoint le mouvement des Faucheurs Volontaires (de 1997 à 2014) nous n’avons pas de culture d’OGM en France. Dans la quasi totalité des pays de l’UE, Monsanto et les autres firmes agrochimiques n’ont pas pu s’implanter. Cette bataille nous a permis de protéger les eaux et les sols de ce poison.

Je demande à l’Union européenne d’interdire la commercialisation du glyphosate. Mieux vaut prendre les moyens pour prévenir les cancers plutôt que d’en guérir un certain nombre toujours insuffisant.