" /> José Bové - Quand citoyens et élus font causes communes : après Acta, la PAC ?

Quand citoyens et élus font causes communes : après Acta, la PAC ?

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11 juillet 2012
Le site de Good Food March (pour l’instant en anglais)

La mobilisation citoyenne a eu raison d’ACTA : après trois ans de campagne assidue et une pétition ayant recueilli 2,8 million de signatures à travers l’Union, le Parlement européen a rejeté le 4 juillet l’accord commercial anti-contrefaçon, plus connu sous le nom d’ ACTA. Celui-ci voulait surtout défendre les intérêts économiques des grandes firmes multinationales et menaçait la vie privée.



Pendant ces trois années de combat, les élus écologistes ont porté l’intérêt commun. Pour eux, « dire non à ACTA [1], c’était bien refuser la privatisation des biens et des connaissances, contester le renforcement des droits et des pouvoirs du secteur privé face au citoyen. Dire non à ACTA, c’était rester fidèle au modèle de société porté par les écologistes, une société ouverte et de partage ».

Cette victoire montre que nous pouvons contrer les projets contraires à l’intérêt commun, quand bien même sont-ils soutenus à bout de bras par la Commission européenne et des forces parlementaires libérales. Ainsi en est-il aujourd’hui du projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC) pour la période 2014-2020. Les puissants lobbies des gros agriculteurs et des firmes de l’agrochimie ou de l’agroalimentaire poussent pour que rien ne change. Pour eux, l’essentiel des fonds publics alloués à l’agriculture européenne doit leur revenir, directement ou indirectement. Les rapports présentés en juin dernier devant la commission agricole du Parlement européen sont ainsi malheureusement l’expression de ces lobbies. En haut, on propose bien un plafonnement des aides publiques pour les grandes fermes européennes, mais à hauteur de 300.000 euros par an, et avec divers échappatoires. En bas, on donnerait l’aumône : 1500 euros maximum par an pour les petites fermes, qui avec cette aide forfaitaire renonceraient à tout autre aide directe.

Les citoyens doivent se mobilisent pour contrer un projet au profit d’une petite minorité, au détriment de l’intérêt public. Les enjeux sont essentiels : la souveraineté alimentaire de l’Europe, des pratiques agricoles respectueuses des hommes et des ressources naturelles, des territoires vivants… Cela passe par une répartition des aides publiques enfin équitable.

La mobilisation se met en place dans de nombreux pays européens. Le 25 août partira de Munich une grande marche réclamant une PAC fidèle aux orientations prises en juillet 2010 lors du grand débat citoyen organisé à Bruxelles par Dacian Ciolos, commissaire à l’Agriculture. Préparent cette marche plusieurs réseaux d’organisations de consommateurs, de défenseurs des ressources naturelles, mais aussi de paysans (la Coordination européenne Via campesina en fait bien sûr partie) et politiques (les Verts européens en sont aussi, forcément).

La marche passera à Strasbourg le 5 septembre et arrivera à Bruxelles le 19. Nous devons nous mobiliser en France et ailleurs pour lui donner écho, la renforcer, la rejoindre. Il en va de l’avenir de tous nos territoires, de nos assiettes, de nos enfants ! Alors rejoignez-nous, bougeons la PAC !

[1pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement