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Pesticides tueurs d’abeilles : Stéphane Le Foll, premier VRP de l’industrie chimique en France

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16 mars 2016

La tendance à l’utilisation des pesticides en France est loin d’être en baisse. Les agriculteurs français en sont les deuxièmes plus gros consommateurs en Europe après les Espagnols. Un comble, depuis que la France a adopté un plan EcoPhyto censé modérer le recours aux produits chimiques, les chiffres ne font qu’augmenter : + 9% entre 2013 et 2014 selon les dernières estimations.

Dans la grande et funeste famille des pesticides, les néonicotinoïdes sont particulièrement pervers. Inventés par l’industrie chimique (Bayer CropScience) dans les années 80, ils sont fabriqués pour attaquer le système nerveux central des insectes, les désorienter et éviter qu’ils ne transmettent des maladies, notamment au bétail. Le Cruiser, insecticide de Syngenta qui en contient, avait été interdit pour raisons sanitaires dans l’enrobage des graines de colza en 2012.

Les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme : la disparition des abeilles est programmée car les néonicotinoïdes détruisent tout sur leur passage. Certaines études pointent des risques sur le développement du cerveau humain et les agences sanitaires et européennes recommandent sinon leur interdiction, du moins leur fort contrôle. Une interdiction, dont je m’étais félicité, est en place au niveau européen depuis 2013 en période de floraison pour réduire les risques pour les colonies d’abeilles. Il faut l’étendre à tous les néonicotinoïdes quelles que soient les saisons !

Pourtant, alors que l’Assemblée Nationale débat de la nouvelle loi biodiversité, Stéphane Le Foll demande aux deputes de ne pas voter une « interdiction brutale » des néonicotinoïdes, au prétexte que cela créerait une distorsion de concurrence entre les agriculteurs français et ceux du reste de l’Europe !

Pense-t-il à la violence des pesticides sur la santé des agriculteurs, qui en les utilisant risquent leucémies, cancers de la prostate, infertilité, malformations, troubles cognitifs, Alzheimer ? Pense-t-il au fait que vivre à moins de 500 mètres de zones agricoles traitées augmente de 75% le risque de développer une maladie de Parkinson ? Quand on se retrouve avec une incapacité de travail ou que ses enfants sont intoxiqués, on s’en moque bien de la distorsion de concurrence.

Le ministre de l’agriculture affirme aussi dans cette lettre qu’il n’existe pas d’alternatives sûres pour la santé, qu’interdire les néonicotinoïdes relancerait l’usage d’autres substances dont les risques sanitaires sont très bien connus… comme s’il ne pouvait pas les interdire également ! L’interdiction est le seul moyen assez fort de dire à l’industrie qu’elle dépasse les bornes.

Encore une fois, Le Foll montre qu’il n’envisage pas de se servir de sa fonction pour changer l’Europe. L’intérêt général européen, c’est l’interdiction des néonicotinoïdes pour tous les agriculteurs ! Et il n’est écrit nulle part que la France ne peut pas prendre les devants. Il est grand temps de prendre une position ferme et de commencer le bras de fer avec Bruxelles, sur l’interdiction définitive des pesticides tueurs d’abeille, mais aussi
sur la crise agricole, sur le glyphosate, sur la réforme de la PAC !