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Fêtons le 1er mai avec le Peuple d’Iran

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1er mai 2016

La fête du 1er mai célèbre le combat des syndicalistes américains et européens au XIXe siècle pour une amélioration des conditions de vie du monde ouvrier.
Alors que le syndicalisme est devenu un acquis dont nous nous contentons sans toujours l’apprécier à sa juste valeur, dans d’autres pays ce droit est férocement bafoué. L’Iran des mollahs est de ceux-là.

Au Parlement européen nous sommes nombreux à dénoncer les violations flagrantes des droits de l’Homme en Iran, un pays qui détient le palmarès du nombre d’exécutions par tête d’habitant. Mais il se situe également dans les profondeurs du classement des pays respectant les droits syndicaux. Les organisations syndicales indépendantes sont interdites et considérées comme « une menace sécuritaire ». Des centaines de militants sont en prison et d’autres ont été simplement assassinés. C’est le cas du syndicaliste Shahrokh Zamani à la prison d’Evine. Il avait été arrêté en juin 2011 pour son rôle dans les manifestations et grèves à Tabriz. Une semaine avant sa mort en septembre, il avait adressé un message aux ouvriers iraniens pour leur demander d’organiser des manifestations en tandem avec les mouvements des enseignants, des infirmières et d’autres couches désabusées de la société.

Le 21 avril, Amnesty International alertait sur le cas d’Esmaïl Abdi, prisonnier d’opinion et Secrétaire général du Syndicat des enseignants iraniens. Le militant a déclaré son intention d’entamer une grève de la faim le 1er mai, afin de protester contre la répression. Les juges intégristes l’ont condamné à six ans de prison en l’accusant de « propagande contre l’Etat » et de « participation à des réunions pour commettre des crimes contre la sécurité de l’Etat ». Avec un autre syndicaliste, Jafar Azim Zadeh, il a fait parvenir un message hors de la prison d’Evine où il dénonce les interdictions de grèves et de manifestations par le gouvernement de Rohani.

Malgré la signature de l’accord nucléaire et la levée progressive des sanctions internationales, la situation des ouvriers ne s’est pas améliorée. Le Guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, a reconnu en mars que 60% des entreprises ont dû fermer et un ministre a déploré que les caisses du gouvernement soient vides et incapable de payer les salariés. Le problème le plus important c’est l’écart important entre l’évolution des salaires et l’inflation estimée à 35 % (15 % officiellement). L’Iran est un pays de 78 millions d’habitants dont 13 millions d’ouvrier. Environ un tiers de la population se trouvent sous le seuil de la pauvreté.

Avec une gestion économique catastrophique et le risque d’une explosion sociale, à l’instar des soulèvements populaires de 2009, le régime ne tolère pas la contestation sociale. Mais l’ampleur du mécontentement des classes populaires est tel, que beaucoup de grèves et de protestations ouvrières échappe à son contrôle. Avec la fermeture des usines, les congédiements sauvages et le non versement des salaires, les mouvements sociaux se sont multipliés en Iran, 6.500 répertoriés par les réseaux de résistance du mouvement des Moudjahidines du peuple (OMPI) qui a lancé un appel national de manifestation le 1er mai.

La valse des responsables européens à Téhéran, comme Mme Mogherini, pour réchauffer les relations se fait au détriment des droits Humains et de la cause des travailleurs de ce pays. Les grandes entreprises européennes ne peuvent détourner l’attention, des conditions inhumaines imposées aux ouvriers et à la population iranienne en général, sous peine de perdre tout crédit.
La justice sociale, la construction d’une nouvelle société plus juste et équitable sont des idéaux que le peuple iranien est bien déterminé à réaliser. En fidélité à nos valeurs européennes nous devons les accompagner dans ce combat pour mettre fin à la dictature intégriste et pour l’instauration d’une démocratie respectueuse des droits de toutes les couches de la société iranienne.