" /> José Bové - Promouvoir les saveurs d’Europe ?

Promouvoir les saveurs d’Europe ?

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11 juillet 2012

Le 21 juin, j’ai présenté à Bruxelles une proposition de résolution au Parlement européen sur la promotion des produits agricoles de l’UE. Le Parlement a été saisi en mars 2012 d’une communication de la Commission européenne intitulée « La promotion et l’information en faveur des produits agricoles : une stratégie à forte valeur ajoutée européenne pour promouvoir les saveurs de l’Europe ». Cette communication devrait être suivie de propositions législatives d’ici la fin de cette année. Les dépenses consacrées à cette promotion avoisineront les 55 millions d’euros dans le budget 2012 de l’Union européenne.



D’un point de vue historique, les actions de promotion des produits agricoles européens ont été introduites dans les années 1980, afin de faire face aux excédents agricoles puis aux crises alimentaires (vache folle). Il est temps aujourd’hui de définir plus précisément une politique de promotion qui encourage et récompense :

-  la production de produits spécifiques relevant de régimes de qualité ;
-  les pratiques agricoles plus économes en CO2, protégeant la biodiversité et mieux adaptées à la protection de la qualité des sols et des ressources en eau.

Dans la mesure du possible, la politique de promotion doit se concentrer sur le financement de projets qui respectent ces deux grands objectifs, souvent compatibles. Un objectif implicite doit être d’accroître et de stabiliser les revenus des paysans en mettant l’accent sur les produits pour lesquels des outils de gestion de l’offre sont autorisés.

Les actions de promotion doivent attirer l’attention sur une « saveur d’Europe » à la fois authentique, variée et de haute qualité gustative pour le consommateur. Cette approche vaut pour la promotion tant intérieure qu’extérieure. L’Union doit s’efforcer d’exporter un modèle d’agriculture durable ainsi que les produits qui en sont issus. Il est hors de question de dépenser des fonds publics pour faire la promotion de produits pouvant nuire à la souveraineté alimentaire des autres pays ou associations de pays.

Des actions concrètes et fortes sont nécessaires pour développer et soutenir les marchés locaux et les filières courtes dans les domaines pouvant éventuellement nécessiter une approche à l’échelle européenne. Les projets individuels doivent de toute évidence être financés en vertu de la politique de développement rural, la mieux à même de s’adapter aux situations locales.

Quant à la promotion « pédagogique », puisque l’Union européenne a mis en place des régimes en faveur de la distribution de lait et de fruits à l’école, profitons-en pour renforcer les activités locales visant à montrer directement aux écoliers comment les aliments sont produits et à quoi ressemble la vie en zone rurale, en les emmenant voir les agriculteurs. Mais bien sûr, les actions pédagogiques doivent aller au-delà des explications sur les bienfaits de la consommation de produits tels que les fruits et légumes frais pour expliquer à nos enfants l’impact très concrets de mesures politiques sur leur cadre de vie et sur leur quotidien.