" /> José Bové - L’OMC n’est pas la solution mais le problème.

L’OMC n’est pas la solution mais le problème.

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27 novembre 2009

En faisant de l’extension du commerce et de l’intensification de la production la finalité de toute activité humaine, en considérant la nature, comme un environnement exploitable par l’entreprise à des fins uniques de profits, l’Organisation Mondiale du Commerce a plus que toute autre institution renforcer les déséquilibres sociaux et environnementaux de la planète.



La création de l’OMC remonte au milieu des années 1980 lorsque les ultralibéraux ont pris les manettes de la planète. Mme Thatcher et M Reagan ont lutté contre toute forme d’intervention publique sur les marchés et prôné l’ouverture des frontières. L’idéologie, dont ils étaient les meilleurs défenseurs, à permis un renforcement du rôle des multinationales. Certaines sont devenues infiniment plus puissantes que des états et se jouent habillement des frontières. L’idéologie a cédé la place à un dogme indéboulonnable. En 1995, l’agriculture entrait dans le paquet commun de l’OMC avec l’Accord de Marrakech. Autrement dit Les Etats-Unis et l’Union européenne en faisait la monnaie d’échange, le joker, pour obtenir des concessions encore plus fortes des pays du sud un accès sans obstacles aux industries et surtout aux services (banques, assurances, tourismes, télécommunication, transport). Les gouvernements des pays en développement signaient des deux mains. Ils n’ont pas mis longtemps à comprendre qu’ils s’étaient faits bernés. Les réformes successives de la Politique Agricole Européenne et du Farm Bill Américain n’ont pas éliminé les distorsions de concurrence sur les marchés mondiaux induites par les subventions aux exportations. Les nouvelles subventions ont simplement opacifié le système et entrainé la ruine des paysanneries du sud et l’Europe n’hésite pas, comme elle l’a montré le mois dernier à augmenter son dumping en subventionnant des exportations massives de poudre de lait. Depuis Seattle en 1999, les négociations à l’OMC sont heureusement bloquées. Les pays du sud ne veulent plus rien lâcher. L’agriculture est au centre de tous les blocages. A Doha, en 2001, l’OMC s’est payé son premier lifting, en qualifiant la nouvelle phase de négociations qu’elle tentait de lancer, Cycle du Développement. Son nouveau sourire n’a convaincu personne que ce soit à Cancun en 2003 ou a Hong-Kong en décembre 2005. Aujourd’hui, toujours adepte de la chirurgie esthétique, l’OMC annonce sans vergogne que la poursuite de la libéralisation du commerce participe à la solution centrale pour lutter contre les gaz à effet de serre. Le Greenwashing est total, les entreprises qui ont saccagé l’environnement ces dernières décennies sont invitées à faire le ménage et devenir durables contre espèces sonnantes et trébuchantes. Les profits, une fois encore seront au rendez-vous…. Arrêtons ce délire ! La page noire de l’OMC doit maintenant être tournée sans tarder pour remplacer les diktats des marchands par les besoins des femmes et des hommes.