" /> José Bové - Midi Libre Millau : La Poste, près de 2000 votants opposés à la privatisation

Midi Libre Millau : La Poste, près de 2000 votants opposés à la privatisation

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3 octobre 2009

Quand José Bové arrive à la mairie, hier à 11 heures, il est accueilli par le maire Guy Durand, qui vient tout juste de cocher « non » sous la question suivante : « Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d’accord avec ce projet ? »



Après avoir glissé, à son tour, son bulletin dans l’urne, José Bové allume sa bouffarde sur le perron. « Ça va avoir un impact important, assure-t-il. On était partis sur une estimation d’un million de votants, mais on pense aujourd’hui qu’on va arriver à 5, 6, voire 7 millions. » Le Larzacien conteste l’alibi des directives européennes : « Contrairement aux discours qu’on peut entendre, le fait que La Poste soit privatisée n’est absolument pas inscrit dans le droit européen. Elle pourrait très bien rester avec le même statut et être conforme à ce droit. C’est complètement démagogique de la part du gouvernement de dire qu’il faut changer le statut à cause de l’Europe. » Le député européen poursuit en faisant référence au précédent de France Télécom, estimant que les employés de La Poste risquent à leur tour d’être « cassés ». Il y a un autre aspect, annexe, que le néo-Strasbourgeois tient à souligner : « Le gouvernement a fait changer la Constitution (ndlr, en 2008) pour y introduire le référendum d’initiative populaire, mais là, ils ne veulent pas en tenir compte. Ça prouve que les gens sont pris pour des cons. Cette votation est aussi une façon de dire : faites appliquer le texte de loi que vous avez vous-même adopté [1]. » Bové s’en va, il a une crise du lait sur le feu, une grosse manif est prévue lundi à Bruxelles… A la mairie, des citoyens ont profité de la présence du maire pour lui demander d’organiser sur la lancée un référendum à propos du nouveau pôle hospitalier. « C’est plus compliqué, là, répond-il. Quelle question poser précisément ? Le pôle hospitalier, c’est un dossier à tiroirs. » Hier, la gauche locale était unie sur cet enjeu national, demain est un autre jour.

Philippe HAIMART
Édition du samedi 3 octobre 2009

[1 Le gouvernement n’a toujours pas sorti les décrets d’application sur cette disposition, c’est pourquoi la votation n’a pas de valeur légale.