" /> José Bové - La ferme des mille veaux : nouvelle aberration dans la Creuse

La ferme des mille veaux : nouvelle aberration dans la Creuse

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10 août 2016

Après la ferme des mille vaches, voilà la ferme des mille veaux qui sort de terre en plein cœur d’un parc naturel à Saint-Martial-le-Vieux, dans la Creuse. Les veaux, appelés broutards, à peine sevrés, sont engraissés hors-sol. Pour de nombreuses raisons ces usines à viande ne sont pas acceptables.
Elles accélèrent la désertification des campagnes car ces animaux sont engraissés au moindre coût ce qui fait chuter les prix et détruits les élevages des paysans qui font correctement leur métier en privilégiant l’herbe et le foin.

En allant dans cette direction, les agri-managers scient la branche sur laquelle ils sont assis. L’alimentation de ces animaux en batterie vient en grande partie de l’autre bout de la planète. C’est le soja brésilien qui arrivent par cargo entier pour les nourrir. La forêt amazonienne est détruite là-bas alors que dans le même temps, nos campagnes deviennent des friches, les pâturages disparaissent et les villages se vident.
Les crises à répétition de la filière porcine industrielle en Bretagne nous indiquent que les français et les européens sont maintenant plus à la recherche de la qualité que de la quantité.

La question du bien-être animal est balayée d’un revers de la main. Pourtant sur ce terrain aussi les choses évoluent. Le code rural stipule que « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce » ce qui n’est visiblement pas le cas dans cette usine à viande.

L’entassement des animaux implique l’utilisation de médicaments souvent utilisés à titre préventif, et en particulier l’usage d’antibiotiques. Les médecins tirent la sonnette d’alarme depuis des années en liant l’apparition de bactéries super résistantes à la concentration des animaux dans ces usines à viande. Leurs mises en garde sont préoccupantes. Redressons la barre avant qu’il ne soit trop tard.

Enfin, la dernière raison que je citerai, ces usines à viande nous mènent au gigantisme à la démesure. Au Vietnam une usine de 100 000 vaches laitières a été montée en quelques mois. Aux Etats-Unis, les 30 plus grandes usines d’engraissement de bétail ont la capacité de regrouper 5,7 millions de bêtes, soit une moyenne de 190 000 par site… (Cattle bief overview 2015) Voulons-nous une agriculture qui produisent des produits de qualité, qui fait vivre des familles paysannes et qui participe au dynamisme de nos territoires ou souhaitons-nous remettre les clés de notre alimentation à une poignée de firmes globalisées ? Ma réponse a toujours été la même depuis des années : trois petites fermes valent mieux qu’une grande.