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José Bové interpelle Bruno Le Maire, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche

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27 avril 2010

Manifestation des agriculteurs à Paris oblige, Bruno Le Maire était l’invité de la matinale de France Inter ce matin. Il répondait aux questions des journalistes et des auditeurs. José Bové s’est donc invité dans le débat en posant une question à M. Le Maire par téléphone.



L’interview de Bruno Lemaire est à écouter sur http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/ , mais l’échange entre José Bové et M. le Ministre est transcrit ci-dessous (de la minute 16’42 à la fin).

Alain le Gouguec : Au standart du 6H30/10H nous avons un appel de José Bové. José Bové bonjour !

José Bové : Bonjour !

Alain le Gouguec : ça n’est pas prémédité hein ?!

José Bové : Non, non ! j’étais en train de partir pour Bruxelles, et j’ai voulu intervenir dans le débat parce qu’il est important qu’en tant que Parlementaire européen, on puisse dire aussi un certain nombre de choses. Je voulais simplement d’abord saluer Bruno Le Maire,

Bruno Lemaire : Bonjour José !

José Bové : Bonjour ! et puis dire qu’il y a quelque chose qui me parait important c’est que le Conseil des Ministres de l’Agriculture Européen a décidé maintenant il y a un an de démanteler ce que l’on appelle les Organisations Communes de Marché, c’est-à-dire les régulations, et c’est vrai qu’on s’aperçoit que ce démantèlement a causé énormément de souci. Ça c’est le premier élément. Le deuxième élément c’est qu’aujourd’hui on voit bien que les producteurs vendent en dessous des coûts de production et ça c’est lié malgrè tout à la spéculation d’un certains nombre d’opérateurs, de boursicoteurs, qui jouent sur ces produits et donc ça affecte directement.
Ne faudrait-il pas, et c’est le travail que nous essayons de faire au parlement, dire de façon très claire qu’on ne peut pas vendre un porduit agricole en dessous de ces coûts de producton, sinon on fait du dumping. Et je pense que c’est la première mesure à prendre, affirmer que l’on ne peut pas vendre en dessous des coûts de productions réels.

Alain le Gouguec : Dit comme cela Bruno Le Maire, cela parait assez logique.

Bruno Lemaire : Oui c’est assez logique, mais il m’arrive d’avoir des points de convergence et même plus fréquents qu’on ne le croit avec José Bové, que je vois souvent au Parlement. Là aussi très rapidement, deux ou trois remarques là-dessus. La première remarque elle est politique, l’appui des parlementaires européens dans la bataille pour la réglementation des prix agricoles il est vital, il est vital. J’ai vu hier Paolo Di castro qui est le Président de la Commission Agricole du Parlement Européen et il nous apporte un soutien précieux pour défendre les idées française de régulation.
Deuxième remarque, le démantèlement des instruments de régulation, la libéralisation totale des marchés agricoles, telle qu’elle a été engagée depuis plusieurs années par l’Union Européenne est une erreur stratégique majeure. Nous sommes le seul continent agricole à nous engager dans cette voie là, qui aboutira à la ruine de milliers d’exploitation agricole en France et en Europe. Ce n’est donc pas la bonne solution et il faut remettre sur pied, José Bové a raison, des instruments de régulation, qui n’iront pas contre le marché, mais qui stabiliseront le marché lorsqu’il aura des comportement éradiques.
Troisième remarque : la spéculation sur les produits agricoles. Là aussi je crois que cela fait partie de ce nouveau monde agricole qu’il faut regarder en face, c’est une réalité. Il y a une spéculation qui fait que des prix agricoles varient de 80 à 100% d’un mois à l’autre. Ça permet d’enrichir certaines personnes mais ça appauvrit tous les exploitants agricoles à travers la planète. Je crois que la proposition du Président de la République de régler ce dossier à travers le G20, pour la première fois nous aurons une réunion des ministres de l’agriculture lors la présidence française, ce sera une très bonne chose.