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Centre presse : l’ex gendarme s’engage sur la liste Europe Ecologie

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19 janvier 2010

A 56 ans, le major Jean-Luc Sevaux, ex-commandant de la brigade de Chauvigny à la retraite, a décidé de se lancer dans la bataille des régionales. Le 14 mai 2005, 120 faucheurs de maïs OGM à Valdivienne. Jean-Luc Sevaux, alors patron de la brigade de Chauvigny, serre la main de José Bové qui lui offre un tee-shirt « faucheur volontaire ».



Investi dans le milieu associatif, l’ancien patron de la gendarmerie de Chauvigny se lance dans la politique. Jean-Luc Sevaux annonce qu’il se présentera aux prochaines élections régionales sur la liste Europe Écologie. Un (ex) gendarme qui prend parti pour l’écologie et qui se lance dans la politique, ce n’est pas courant ? « Je suis juste un citoyen écolo qui a des convictions forgées par son expérience professionnelle et de vie. » Un citoyen qui a décidé de militer puisque vous vous présentez aux élections régionales sur la liste Europe Écologie… « Je suis inscrit en sixième position sur cette liste, donc pas en position éligible. J’espère être élu mais à cette place, il faudrait faire un résultat exceptionnel. Mon geste est donc plus dans la symbolique. On espère faire aussi bien qu’aux européennes. Europe Écologie se présentera sous sa propre bannière au premier tour et au second, on verra comment négocier des alliances avec la gauche. » Quelle est l’origine de votre militantisme ? « Avoir des convictions, c’est bien, mais avoir un engagement fort, c’est mieux. Mon militantisme se situe dans le prolongement naturel de mon engagement associatif. En arrivant à Chauvigny, j’ai été confronté au problème de stockage de matériaux dans une décharge abandonnée, une ancienne carrière, près de chez moi. L’idée était de stocker un million de matériaux dits inertes sauf qu’on a découvert que, parmi ces matériaux, il y avait 200.000 tonnes d’amiante. On s’est mobilisé contre ce projet et on a eu gain de cause. Et puis, plus récemment, il y a le projet de porcherie industrielle avec une production annuelle de 18.000 cochons et avec 12.500 m de lisiers qui seraient épandus sur une surface de 550 hectares aux portes de Chauvigny. On a formé un collectif, puis une association avec 170 adhérents. Ce projet de porcherie, qui a obtenu les autorisations administratives, est toujours en cours. » Quel est votre programme pour ces régionales ? « La crise actuelle m’a interpellé. J’ai pris conscience que notre planète allait avoir trois défis à relever : un défi environnemental (la planète est malade), un défi économico-financier et un défi social. La réponse la plus adaptée à ces trois défis est celle d’une écologie politique. Je me bats pour des idées, pour un programme, pas pour des ambitions personnelles contrairement à certains localement sur Chauvigny. » Quelles idées défendez-vous concrètement ? « Il faut qu’on aide les particuliers à réaliser, par exemple, des économies d’énergie dans leur habitat. La meilleure énergie, c’est celle qu’on économise. Les particuliers consommeront moins d’énergie fossile et auront du coup plus de pouvoir d’achat. Sans compter qu’on va créer des emplois non délocalisables. Il faut aussi continuer à développer les énergies renouvelables (solaire, éolien…). Il est temps de passer à une économie durable, d’avoir une gestion audacieuse de la chose publique ». J.-L.Sevaux, la blouse avant l’uniforme Jean-Luc Sevaux se raconte. Après un bac C et un IUT de génie électrique à Poitiers, Jean-Luc Sevaux, né le 16 juillet 1953 à Paris, enseigne un an, en 1974, dans un collègue à Ruelle (Charente). L’année suivante, il effectue son service militaire au 8 régiment de transmissions de Paris comme aspirant. Puis, pendant deux ans et demi, il travaille dans l’industrie, notamment chez Fenwick à Cenon-sur-Vienne. Gendarme, de père en fils Le changement s’opère en août 1978, date à laquelle il entre en gendarmerie. « Je suis issu d’une famille de gendarmes. Mon grand-père et mon père étaient gendarmes. J’avais envie de contacts avec les gens, de voir autre chose que des bureaux. Avoir des missions de secours. Être au service de la loi. » Yémen, ex-Yougoslavie… Jean-Luc Sevaux a intégré six brigades de gendarmerie au cours de sa carrière, dont trois en tant que commandant. Il va même officier à l’étranger : il est détaché en ambassade au Yémen et participe à deux missions de paix de l’ONU en ex-Yougoslavie (à Sarajevo en 1998 et au Kosovo en 2000). « Ça ouvre les yeux sur les problèmes de la planète. Au Yémen, j’ai été confronté aux affres de la guerre civile, j’ai vu la précarité, la pauvreté, la misère. En Bosnie, les gens étaient traumatisés par la guerre. Au Kosovo, j’ai mesuré les dégâts d’une guerre sur l’environnement. Le cancer provoqué par les obus, la pollution des entreprises laissées à l’abandon. » « On n’en sort pas indemne » Autant d’expériences qui l’ont marqué. « On n’en sort pas indemne. J’ai vécu sous la pollution. La manière dont l’homme traite la nature m’a interpellé. Ces expériences m’ont ouvert sur le monde. J’ai pris conscience de ma fibre écolo. »

Gil BEUCHER